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Les patrons regrettent le recours au 49-3: "C'est de la politique politicienne"

Face au risque de voir le projet de loi Macron rejeté du fait des "frondeurs" PS, Manuel Valls a choisi mardi de passer en force en ayant recours à l'article 49-3 de la Constitution. Un acte politique dénoncé ce mercredi sur RMC par le patronat.

C'est une décision qui fait l'effet d'une bombe. Ce mardi, à 16h30, Manuel Valls a décidé de passer en force. Alors que le projet de loi Macron était en débat à l'Assemblée depuis trois semaines, le Premier ministre a refusé de passer par la case "vote". En effet, de peur de voir les "frondeurs" rejeter ce texte, il a engagé la responsabilité du gouvernement en utilisant l'arme de l'article 49-3 de la Constitution. Une décision qui, au-delà d'ébranler la majorité, provoque la colère du patronat.

Pour Olivier Mathiot, PDG de PriceMinister, ce passage en force de Manuel Valls "est en fait de la politique politicienne". Ce qu'il regrette car selon lui "il y avait la possibilité d'avoir une forme d'union nationale". "Alors que nous sommes dans une situation de crise économique", celui qui avait signé le 25 janvier dans le JDD, avec 29 autres personnalités (intellectuels, patrons ou économistes), un appel commun en faveur de la loi Macron estime qu'"on avait l'occasion d'associer la droite et la gauche, mais aussi tous les corps de profession, pour enfin 'déscléroser' la société française quelque peu bloquée par un droit du travail hyper complexe."

"Pas la mère de toutes les réformes mais…"

En définitive, Olivier Mathiot se dit "attristé que l'on utilise cette loi Macron pour s'opposer de manière un peu stérile". Geoffroy Roux de Bézieux, pour sa part, se dit "effondré" par ce recours au 49-3. Sur BFM Business, le vice-président du Medef considère que "ce Parlement est déconnecté de ce que veulent les Français et de la réalité économique du pays". Il déplore donc que "l'on joue à des jeux de théâtre terrifiants".

Si pour Geoffroy Roux de Bézieux la loi Macron "n'est pas la mère de toutes les réformes", elle n'en demeure pas moins "un signal". Il s'en prend donc "au camp des conservateurs", à savoir "ceux qui ne veulent rien changer", un camp qu'il estime "extrêmement puissant et complètement déconnecté de la réalité du monde".

Retrouvez ci-dessous les explications de l'article 49-3 par Didier Maus, professeur de droit constitutionnel à l'université d'Aix-Marseille.

Maxime Ricard avec JB Durand