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Liquidation judiciaire de MoryGlobal: "C'est inhumain"

Les MoryGlobal sont reçus ce lundi par le secrétariat d'Etat aux Transports

Les MoryGlobal sont reçus ce lundi par le secrétariat d'Etat aux Transports - AFP

Les syndicats du transporteur MoryGlobal, placé en liquidation judiciaire fin mars, sont reçus ce lundi au secrétariat d'Etat en charge des Transports. RMC a rencontré Nathalie et Noël qui travaillent depuis de longues années sur le site de La Courneuve en Seine-Saint-Denis et qui attendent désormais les lettres de licenciements.

Chaque matin, Nathalie et Noël continuent de se rendre chez MoryGlobal, comme depuis 30 ans pour lui et depuis 19 ans pour elle, mais pour ne rien faire ou presque. "Il n'y a plus de travail de toute façon. On est dehors et on brûle les palettes. On ne fait que ça… Les gens sont à bout", confie Noël à RMC. Il faut dire les Mory, c'est vraiment fini. En effet, après la faillite de Mory Ducros il y a tout juste un an, la liquidation du transporteur de colis MoryGlobal, en redressement judiciaire depuis le 10 février, a été officiellement prononcée le 31 mars par le tribunal de commerce de Bobigny et avec le licenciement de ses 2 150 salariés.

"C'est très difficile à vivre"

Alors que les syndicats du transporteur vont être reçus ce lundi par le secrétariat d'Etat en charge des Transports, Nathalie est désemparée : "C'est inhumain. Ils n'ont pas fait seulement une fracture sociale, ils ont fait une fracture humaine complète. Je me retrouve à prendre des antidépresseurs pour pouvoir aller travailler".

Car à 50 et 52 ans, Nathalie et Noël savent qu'une reconversion sera très difficile. "J'ai passé trente ans dans le transport. Je ne sais faire que ça d'ailleurs donc je ne sais pas du tout ce que je vais faire", confesse, très affecté, Noël dans Bourdin Direct. Alors que les lettres de licenciement sont attendues pour la fin du mois, le désarroi touche toute la famille explique de son côté Nathalie: "C'est très difficile à vivre surtout pour nos enfants. Ils vont se rendre compte que notre niveau de vie va changer".

"Ils nous ont berné"

Reste un éventuel reclassement, mais cela ne semble pas être la solution envisagée par cette famille. "On a reçu une lettre pour aller travailler en Espagne ou en Italie. C'est du foutage de gueule", s'emporte Noël sur RMC. C'est pourquoi ce lundi les syndicalistes vont faire pression sur les pouvoirs publics pour que leur employeur leur verse une indemnité supérieure au minimum légal. Thierry Artault, 54 ans et agent de quai chez MoryGlobal depuis 1981, n'en attend pas moins.

Dans Bourdin Direct, il se dit en effet "dégoûté" par les indemnités proposées: "J'ai toujours travaillé chez Mory et j'ai calculé qu'ils allaient me verser entre 20 et 25 000 euros. C'est dérisoire ! Ça représente neuf mois de salaire pour 34 ans d'ancienneté ! C'est vraiment pas grand-chose… Ils nous ont berné…" A noter qu'une manifestation de salariés est prévue mercredi après-midi à Paris devant le siège d'Arcole.

Maxime Ricard avec Claire Checcaglini