RMC

Lutte contre le jihadisme: ce que préconisent les sénateurs

Les sénateurs rendent ce mardi leur rapport sur les moyens de prévenir et de lutter contre le jihadisme. RMC vous dévoile les principales pistes évoquées par les sénateurs.

Ils ont entendu cinq ministres (Défense, Affaires étrangères, Intérieur, Justice et Éducation) et les différents représentants des services de renseignement français, se sont également déplacés aux États-Unis pour voir le numéro 1 de la CIA, avant de se rendre en Turquie, là où arrivent bon nombre de jihadistes qui souhaitent passer en Syrie. Après 9 mois d'enquête sur les moyens de prévenir et de lutter contre le jihadisme, les sénateurs rendent leur travail ce mardi: un rapport de plus de 400 pages dans lequel ils formulent 110 propositions.

Un rapport que vous dévoile RMC, et qui pointe du doigt les lacunes de nos services de renseignements, de nos lois, de nos dispositifs de prévention.

Plus de moyens pour le renseignement

Pour les sénateurs, la France a pris tardivement la mesure du phénomène jihadiste. Et elle a encore beaucoup de retard en matière de prévention de la radicalisation. Le rapport ne fait pas de propositions révolutionnaires, mais préconise des mesures d'urgence et de bons sens: plus de moyens pour pouvoir développer des techniques de renseignement plus efficaces, que l'école enseigne mieux le fait religieux et aide les enfants à mieux faire l'analyse critique de ce qu'ils peuvent lire. Les sénateurs demandent à ce que les enseignants, les éducateurs, les magistrats, le personnel pénitentiaire soient formés au plus vite pour pouvoir détecter un individu qui est en train de se radicaliser.

Renforcement de la police aux frontières

Mais le constat est finalement évident: si on veut éviter de voir partir un candidat au jihad, il faut pouvoir l'empêcher de monter dans l'avion, dans le bus ou encore dans le bateau qui le conduira en Syrie ou en Irak. Pour cela il faut absolument augmenter les effectifs et les pouvoirs de la police aux frontières, explique le rapport du sénat. Si les policiers sont plus nombreux ils pourront, en plus des contrôles dits "de routine", mettre en place plus facilement des contrôles ponctuels et approfondis sur certaines destinations qu'ils estiment à risque (la Turquie par exemple). Les sénateurs proposent aussi que les policiers aux frontières puissent se rendre au plus près des portes d'embarquement et cibler leurs contrôles sur certains vols.

Enfin le rapport sénatorial propose de créer dans le système d'information Schengen, qui contient des informations sur les citoyens européens, un statut de combattant étranger afin que les candidats au jihad soient identifiés plus facilement.

La moitié des jihadistes européens sont Français

Il y a urgence, car les 3.000 jeunes européens recensés parmi les combattants en Irak ou en Syrie, 1.432 sont français, soit près de la moitié. 85 sont présumés morts (selon des chiffres du 9 mars cités dans le rapport) et 300 sont revenus en France, selon le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Philippe Gril avec Stéphanie Collié