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Macron chahuté à Montreuil, le maire ne voulait pas le recevoir: "Je ne cautionne pas sa politique"

Venu célébrer le Front populaire ce lundi à Montreuil, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a été accueilli de manière plutôt houleuse. La veille pourtant le maire PCF de la ville, Patrice Bessac, avait fait savoir par communiqué qu'il ne recevrait pas le membre d'un gouvernement ayant trahi selon lui les idéaux du Front populaire. Il l'a une nouvelle fois tancé ce mardi sur RMC.

Ce lundi matin, Emmanuel Macron se rendait à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, pour dévoiler un timbre célébrant le 80ème anniversaire du Front Populaire. Mais le ministre du Travail a été accueilli devant La Poste par plusieurs dizaines de manifestants de la CGT et du PCF qui, en plus de lui avoir lancé des œufs, avaient déployé une banderole "Plutôt en grève qu'en costard" et scandaient "Ni chair à patron, ni chair à matraques. Retrait, retrait de la loi Travail".

"Trop, c'est trop"

Une visite houleuse qui a eu lieu alors même que la veille le maire PCF de Montreuil Patrice Bessac avait fait savoir par communiqué qu'il ne recevrait pas le membre d'un gouvernement ayant trahi selon lui les idéaux du Front populaire. "J'ai reçu à Montreuil six ministres, deux anciens Premier ministres, Michel Rocard et Alain Juppé, j'étais prêt à recevoir Emmanuel Macron mais lorsque j'ai appris qu'il venait inaugurer le timbre consacré aux 80 ans du Front populaire, j'ai dit 'Trop, c'est trop'", s'explique-t-il ce mardi sur RMC.

"Au fond Emmanuel Macron est l'anti 1936, poursuit l'élu communiste, très remonté. 1936, c'est en effet la gauche rassemblée, les grandes conquêtes sociales et de grands principes: la négociation collective et les accords de branches. Aujourd'hui, toutes les déclarations d'Emmanuel Macron à propos de la loi El Khomri visent à en finir avec cet héritage de 1936. J'ai donc voulu faire cet acte symbolique (de ne pas recevoir le ministre, ndlr) car cette politique qui consiste à faire de la communication en permanence quitte à abîmer l'Histoire, je ne peux pas la cautionner".

"Un petit goût de provocation"

Patrice Bessac assure aussi avoir "averti le cabinet d'Emmanuel Macron": "Venir à Montreuil, siège de la CGT, pour célébrer 1936, il y a comme un petit goût de provocation. Et même Anne Hidalgo a dit hier que cette visite d'Emmanuel Macron était quand même un peu osée". Alors que le ministre de l'Economie a déclaré "désapprouver" et "condamner profondément ces comportements", le maire de Montreuil, lui aussi, "ne les cautionne pas". Cependant, il dit ne pas souhaiter "qu'on fasse toute une histoire d'un éclat d'œuf".

"Il y a quand même une réalité sociale, se justifie-t-il. Aujourd'hui à Montreuil, il y a 12.000 personnes privées d'emploi. A chaque fois qu'un homme ou une femme de 20 ans retrouve un emploi, il y en a deux ou trois qui se retrouvent sur le marché du travail". Et de rappeler que "70% des Français, depuis des mois, malgré les violences, les difficultés, les grèves, disent non à la loi El Khomri. Le gouvernement doit donc, à un moment donné, écouter sa nation, son peuple. Or le peuple dit ne pas vouloir de cette remise en cause fondamentale du code du Travail. Le premier acte de raison que ferait ce gouvernement serait donc de dire 'On arrête, on négocie'".