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Magnanville: selon son ancien professeur, "Larossi Abballa n'était pas très net dans sa tête, instable"

Le meurtrier présumé d'un policier et de sa femme lundi soir dans les Yvelines était un jeune homme de 25 ans, du nom de Larossi Abballa, condamné en 2013 pour participation à une filière jihadiste entre la France et le Pakistan. Ce mardi sur RMC un de ses anciens enseignants dresse son portrait.

Une revendication du groupe Etat islamique, un passé dans une filière jihadiste: les enquêteurs remontaient mardi la piste terroriste au lendemain du meurtre d'un policier et de sa compagne près de Paris. Selon nos informations, le meurtrier présumé, abattu dans une opération du Raid, était un homme de 25 ans du nom de Larossi Abballa, condamné en 2013 pour participation à une filière jihadiste entre la France et le Pakistan.

"Un bon élève"

L'homme, originaire de Mantes-la-Jolie avait été jugé avec sept autres prévenus et condamné à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes". Cette filière souhaitait favoriser le recrutement en France, la formation physique et idéologique et l'envoi au Pakistan de jeunes volontaires pour le jihad armé. Le suspect faisait également l'objet d'une fiche S.

Dans Bourdin Direct sur RMC ce mardi, Christophe, enseignant dans les Yvelines, dresse le portrait de celui qu'il a eu dans sa classe, "en 2007, aux Mureaux": "Il avait seize ans et était en terminale de BEP électrotechnique, mais il n'est pas allé au bout, il a arrêté avant". Il a le souvenir "d'un bon élève, professionnellement parlant", mais "il n'était pas très, très net dans sa tête".

"Vite en colère, bizarre"

"C'est un élève qui m'a beaucoup marqué. La preuve je m'en souviens près de dix ans après. Je le trouvais intéressant dans le sens où il avait un bon niveau, il travaillait bien. Mais, d'un autre côté, il était vite en colère, bizarre. Il avait des changements d'humeur fréquents et pouvait être violent. On peut dire qu'il était instable".

"Ce n'était pas un meneur et il s'entendait bien avec ses camarades de classe. Il était aussi très impliqué dans la religion, se souvient-il encore. Dès que l'on évoquait le sujet, il se mettait très vite en colère". Christophe indique aussi avoir vu "une fois son père": "Je ne peux pas dire grand-chose si ce n'est qu'il s'inquiétait pour lui". Son ancien professeur se dit "évidemment très surpris d'avoir entendu le nom de Larossi Abballa" lié à cette histoire. Toutefois Christophe confie: "L'an dernier, au moment de Charlie Hebdo, j'ai pensé à lui. Bizarrement, je me suis dit qu'il avait le profil pour faire cela".