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Manuel Valls à propos d'Emmanuel Macron: "Le comportement de chacun doit être impeccable"

Ce jeudi Manuel Valls répondait aux auditeurs sur RMC. De sa légitimité à gouverner à son impopularité et la place d'Emmanuel Macron dans le gouvernement, le Premier ministre n'a éludé aucun sujet. Sur son ministre de l'Economie, il a notamment indiqué "être indifférent aux petites phrases".

Invité de RMC, ce jeudi, Manuel Valls s'est montré ferme sur différents sujets et plus particulièrement sur la loi Travail. Il a notamment assuré à plusieurs reprises qu'il "ne touchera pas à l'article 2" du texte et ce alors même que Michel Sapin indiquait qu'il fallait "peut-être" le modifier. Une loi Travail, et les mobilisations qui en découlent, qui, pour certains auditeurs, remettent en cause la légitimité du Premier ministre et de son gouvernement.

"Oui, j'ai les moyens de gouverner"

"Il l'est, assure Manuel Valls. Nous sommes en démocratie et nous avons un mandat, celui de gouverner le pays pendant cinq ans. Le 49-3 est dans notre Constitution. Avec cet article, on se soumet au jugement des parlementaires. C'est tout l'inverse d'un passage en force, c'est un acte démocratique." Et d'estimer: "Oui j'ai les moyens de gouverner quand il s'agit de tout faire pour assurer la sécurité des Français par rapport à la menace terroriste, pour faire en sorte que l'école, la justice, l'écologie soit la priorité. Et les Français auront à donner leur jugement dans quelques mois à l'occasion des élections présidentielles et législatives".

"Je ne peux pas gouverner en tenant uniquement compte des blocages ou des manifestations, estime encore Manuel Valls. Il m'est arrivé et il m'arrivera sans doute de prendre des décisions impopulaires, qui ne correspondent pas tout de suite à l'attente des Français. Mais ces positions je les assume sinon a quoi servons-nous. Si nous ne sommes là que pour gouverner au gré des sondages, il n'y a plus d'intérêt général, nous ne servons plus à rien". "Il faut avoir des convictions profondes et aller jusqu'au bout", martèle le Premier ministre.

"Il faut tenir"

"Je n'exerce pas une autorité par rapport à l'opinion publique. Je décide. La démocratie n'est pas la loi de la rue, des sondages, des manifestations. Il faut en tenir compte bien sûr mais il faut aussi avancer sinon il n'y a qu'à nommer un chef de bureau à la tête du gouvernement qui agira en fonction des sondages, estime Manuel Valls. Ce n'est en pas ma conception de la démocratie, j'ai des convictions, j'avance. Malgré l'impopularité et les manifestations, il faut tenir".

"C'est comme cela que l'on voit ceux qui ont de la trempe et le sens de de l'intérêt général, de l'Etat. Ce serait facile de dire que je suis les sondages, que je désavoue Myriam El Khomri ce que les frondeurs et la CGT veulent m'imposer. Mais ce n'est pas ma conception de l'action publique, poursuit le chef du gouvernement. Je vais continuer à me battre comme le fait Myriam El Khomri, comme le font tous les membres du gouvernement".

"Je ne suis pas dans les petites phrases"

Même Emmanuel Macron alors qu'il fait entendre sans cesse une voix discordante, l'interroge alors Jean-Jacques Bourdin? "Tous", assure le Premier ministre avant de rappeler: "Il a participé à toutes les négociations". "Je suis assez indifférent à tout cela (les sorties d'Emmanuel Macron, ndlr). Les évènements de 2015 mais aussi qui se passe actuellement dans le pays m'ont changé dans ma manière de voir le pays, de gouverner, dans ma relation avec les Français. Aujourd'hui, j'essaye de me concentrer sur ce qui est essentiel, je ne suis pas dans les petites phrases…"

"Je vois tous les ministres régulièrement. Dans ce moment-là, de critiques envers les politiques, les médias, les institutions, tous les décideurs du pays… Le comportement de chacun doit être impeccable et à la hauteur des Français". Et de distribuer les bons points: "Bernard Cazeneuve est concentré sur ses missions de sécurité, Jean-Yves Le Drian sur sa mission de défense, Najat Vallaud Belkacem sur l'éducation, Myriam El Khomri sur le travail, Marisol Touraine sur les questions sociales et de Santé, Stéphane Le Foll sur l'agriculture… Chacun doit être concentré et responsable c'est ce que nous devons aux Français. Emmanuel Macron, lui, s'occupe de l'économie et de l'entreprise."