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Marché de la mode islamique : "C’est irresponsable", juge la ministre des droits des femmes

La ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a dénoncé ce mercredi sur RMC le marché de la mode islamique qu'investissent plusieurs grandes marques internationales comme H&M, Uniqlo ou Dolce et Gabbana.

C'est un marché très lucratif (on parle de 500 milliards de dollars en 2019) dans lequel plusieurs grandes marques n'hésitent plus à se lancer : la mode islamique. H&M a ouvert la voie il y a six mois avec une campagne publicitaire montrant une femme voilée, suivie aujourd'hui de Marks and Spencer, qui vient d’annoncer qu’elle allait lancer un maillot de bain intégral (burkini) pour les femmes musulmanes, et d'Uniqlo, qui a annoncé la mise en vente de hidjabs (voile islamique), tout comme la marque de luxe Dolce et Gabbana et sa ligne Abaya, du nom des robes musulmanes. Présentée comme un signe d'ouverture par les marques, cette mode islamique choque profondément la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, pour qui c'est tout simplement "irresponsable".

"On ne peut pas admettre que c'est banal et anodin que de grandes marques investissent ce marché et mettent les femmes musulmanes dans la situation de devoir porter ça, s'indigne-t-elle ce mercredi sur RMC. C'est irresponsable de la part de ces marques. Tous ceux qui participent de la représentation de la société ont une responsabilité".

"L'enjeu c'est celui du contrôle social sur les corps des femmes"

"Ce qui m'a frappé ce sont les arguments de ces marques, qui disent ne faire la promotion d'aucun mode de vie. Mais c'est lié", explique la ministre. H&M a notamment expliqué: "Nos collections permettent à chacun d’habiller sa personnalité mais n’encouragent pas un choix de mode de vie en particulier".

Mais Laurence Rossignol insiste: "L'enjeu c'est celui du contrôle social sur les corps des femmes. Lorsque des marques investissent ce marché de la tenue islamique, ils se mettent en retrait de leur responsabilité sociale et font la promotion de cet enfermement du corps des femmes".

NKM: "Ça ne me plaît pas du tout"

Un avis partagé par la députée Les Républicains Nathalie Kosciusko-Morizet, invitée ce mercredi d'RMC et BFMTV. Invité à réagir sur cette mode islamique, la candidate à la primaire de la droite a déclaré : "Ça ne me plaît pas". "C'est un effacement du corps de la femme, et d'une part de l'individu et de son originalité. La mode c'est l'expression d'un tempérament, d'une originalité".

Philippe Gril avec JJ. Bourdin