RMC

Marseille: un "permis de louer" expérimenté pour lutter contre les marchands de sommeil

La métropole de Marseille tente de lutter contre l'habitat indigne, quatre mois après l'effondrement de deux immeubles, rue d’Aubagne, en novembre, faisant huit morts.

La métropole Aix-Marseille-Provence va voter ce jeudi 28 février, la mise en place d’un "permis de louer" dans le quartier de Noailles à Marseille, celui-là même où les deux immeubles s'étaient effondrés.

Cette disposition prévue par la loi Alur de 2014 oblige des propriétaires à faire une demande préalable avant chaque nouvelle location. A ce jour, seules une dizaine de municipalités en France l’appliquent déjà mais Marseille serait la première grande ville à la mettre en place.

Ce permis serait effectif en septembre prochain. L’objectif est de lutter contre l’habitat indigne et notamment les marchands de sommeil. Une mesure bien accueillie à Marseille même si des doutes subsistent sur son efficacité.

"Les marchands de sommeil sont des délinquants comme les autres"

Pour Yves Moraine, président de la majorité LR à la mairie de Marseille, ce permis de louer sera un outil simple et efficace pour lutter contre les marchands de sommeil.

"Le propriétaire doit faire une demande d’autorisation, un technicien doit vérifier si le logement est digne, aux standards de confort normaux. S’il ne l’est pas, le permis est refusé. Aujourd'hui, les marchands de sommeil sont des délinquants comme les autres. Aussi pire que les autres. Tous les outils qui permettent de lutter contre ces profiteurs doivent être utilisés".

"Le risque c'est de donner des permis de louer sur des taudis"

Une mesure qui va dans le bon sens pour Florent Houdmon, de la Fondation Abbé Pierre, même s’il émet des réserves sur son application.

"Notre réserve principale c’est qu'aujourd'hui, la mairie de Marseille ou la métropole n’ont pas encore prouvé qu’ils avaient assez de moyens humains pour contrôler. On est toujours très mauvais sur les arrêtés de péril ordinaires ou les arrêtés d’insalubrité. Il faut des moyens humains pour contrôler les logements. La loi prévoit que s’il n’y a pas de contrôle et pas de réponse dans un délai raisonnable, le permis est automatiquement délivré. Le risque c’est de donner des permis de louer sur des taudis, gérer par des marchands de sommeil".

Aujourd'hui, aucune étude d’impact n’a été réalisée sur l’efficacité de la mesure dans les communes qui appliquent déjà ce permis de louer.

Lionel Dian (avec Caroline Petit)