RMC

Mêmes missions mais pas mêmes indemnisations: le coup de gueule de la BRI de Paris

Les membres de la BRI de Paris ne touchent pas la prime perçue par ceux du Raid

Les membres de la BRI de Paris ne touchent pas la prime perçue par ceux du Raid - AFP

Les mêmes interventions ultra-risquées pour neutraliser les terroristes, mais pas les mêmes indemnités. Les policiers parisiens de la BRI, la Brigade de recherche et d'intervention, aussi appelée l'Antigang, veulent toucher la même prime mensuelle que leurs collègues du Raid: 650 euros nets par mois.

C'est une revendication qui ne date pas d'hier. Mais avec les récents événements cette "injustice" est de nouveau au cœur de l'actualité. Les policiers parisiens de la BRI, la Brigade de recherche et d'intervention, aussi appelée l'Antigang, veulent toucher la même prime mensuelle que leurs collègues du Raid: 650 euros nets par mois. En effet, pour l'heure, alors qu'ils effectuent les mêmes interventions ultra-risquées pour neutraliser les terroristes, ils n'ont pas les mêmes indemnités.

Toutes les missions ne sont pas les mêmes pour les deux formations. Le Raid agit notamment à l'étranger ou auprès de personnalités, la BRI fait, elle, des filatures et un travail judiciaire. Mais les deux groupes sont frères d'armes et interviennent en soutien l'un de l'autre pour déloger les terroristes. La BRI dans Paris, le Raid partout ailleurs. Les policiers de la BRI parisienne étaient donc en première ligne au Bataclan, mais aussi à l'Hyper Casher en janvier. Pas de raison donc que le salaire ne soit pas le même...

"C'est inadmissible"

"On est formés pour, équipés pour, on a l'armement pour, on voudrait donc avoir le salaire en conséquence, déclare Christophe (le prénom a été modifié), membre du syndicat SGP Police pour la BRI de Paris. On est disponibles 24h/24. On y laisse de l'énergie, de la disponibilité au sein du cocon familial. On leur impose ça…" Et d'ajouter: "Avant, on pouvait plus ou moins cacher nos interventions désormais elles sont exposées médiatiquement. Ils prennent donc conscience de la dangerosité de nos missions."

Pour Christophe, un tel décalage dans les considérations "est inadmissible": "Nous ne sommes pas payés, ni plus ni moins, qu'un policier lambda. On veut donc juste la prime pour une équité. C'est tout". Le syndicat SGP Police a donc écrit vendredi dernier au ministre de l'Intérieur pour réclamer l'égalité des traitements. Sans réponse pour le moment. Mais selon la préfecture de police de Paris, que nous avons pu contacter, "le versement de cette prime est à l'étude". 

Ce n'est pas la première fois ces derniers jours que cette question de primes est évoquée. La semaine dernière, sur le plateau de RMC, Nicolas Comte, secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP-Police FO, avait jugé qu'une "telle inégalité est absolument scandaleuse" parlant même "d'injustice".

La lettre du syndicat Unité SG Police au ministre de l'Intérieru
La lettre du syndicat Unité SG Police au ministre de l'Intérieru © DR
M.R avec Claire Andrieux