RMC

Mise en place du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu: pourquoi ça coince à l'Elysée?

Mic-mac avec les impôts. La mesure du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu doit entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des comptes publics nous a lui-même assuré lundi matin sur RMC que ce serait le cas. Mais Emmanuel Macron émet encore quelques doutes. Alors où en est-on?

Faut-il suspendre la mise en place du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu? Il manque encore des réponses à certains nombres de questions avant de donner une directive finale.

Depuis la Finlande, Emmanuel Macron laisse entendre que le dossier n’est pas encore tranché. Certains croient savoir que le Président s’est donné jusqu’au 15 septembre.

Pourtant, depuis lundi, le ministre Gérald Darmanin affirme dans tous les micros que la réforme se fera, qu’il apportera toutes les réponses aux questions. "Pour moi, il est logique que les services de Bercy répondent précisément à des question précises" explique Cendra Motin, député en LREM de l’Isère, en charge du dossier du prélèvement à la source.

"C'est un sujet qui nous intéresse tous. Et c'est le bon moment pour le Président de s'assurer que tout est bien en place. Ce n'est pas la globalité du dispositif qui est remise en cause, pas l'esprit du prélèvement à la source et de la réforme. Ce sont des points de détails sur lesquels le Président veut être rassuré" explique-t-elle sur RMC.

Une vraie fausse joie en janvier

Des points de détails qui, politiquement, n’en sont pas: la réforme concerne 38 millions de foyers fiscaux. Des foyers qui bénéficieront pour la plupart le mois prochain de la deuxième vague de baisse des cotisations sociales sur les salaires. Une impression de gain immédiat de pouvoir d’achat sur la feuille de paie qui pourrait être anéantie dès le mois de janvier avec le prélèvement à la source.

Et puis il y a aussi la réticence des patrons. Près de la moitié, 49%, des dirigeants de TPE affirment qu’ils ne sont pas prêts à devenir collecteur d’impôt dans le dernier sondage IFOP sur le sujet. Michel Chassang, président de l’Union nationale des professions libérales, le clame haut et fort: "Les patrons ne veulent pas mélanger la feuille de paie avec les impôts".

"La simplicité aurait été de généraliser le prélèvement mensuel de l'impôt. Notre boulot n'est pas de collecter des impôts. Nous pouvons transmettre un certain nombre d'informations, évidemment, mais il appartient à l'administration de récolter l'impôt auprès des contribuables et non pas des entreprises".

Sans compter le coût pour les entreprises, personnels à former et logiciel de paie à adapter...

Marie Régnier & XA