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Murs anti-kalachnikov pour protéger les écoles à Marseille: Ce n'est pas une bonne idée

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- - GERARD JULIEN / AFP

REPORTAGE - Jeudi dernier, Samia Ghali l'affirmait en direct sur RMC: elle veut construire des "murs anti-kalachnikov" pour protéger les écoles de son arrondissement; notamment près de la cité La Castellane dans les quartiers nord, où se trouve une école élémentaire. Une idée loin de faire l'unanimité...

"On s'entraîne à la kalachnikov dans les rues de Marseille", déplorait la semaine dernière Samia Ghali sur RMC. "Aujourd'hui, j'en suis même à demander à ce qu'on monte un mur dans une école pour que les balles des kalachnikovs ou des fusils ne se retrouvent pas dans la cour de récréation", faisait aussi savoir la sénatrice-maire des 15ème et 16ème arrondissements de la ville. Près de la cité de La Castellane, dans les quartiers nord, à la Bricarde, les élèves entendent en effet régulièrement des coups de feu.

S'ils ne résonnent pas tous les jours, ils n'en provoquent pas moins la peur pour Mahmoud qui surveille ses trois enfants au plus près. "Il y a du danger dans le quartier, s'inquiète-t-il. J'ai vu récemment, devant ma fenêtre, deux voitures qui se tiraient dessus. Je ne laisse donc pas mes enfants descendre jouer en bas. Il y a du danger..." Alors, construire un haut et long mur pour protéger la cour de l’école, Mounia, une mère de famille, le souhaite vivement.

"Il ne manque plus qu'un mirador..."

"On ne sait jamais... S'il y a une balle perdue ou quoi que ce soit... Cela nous inquiète. C'est rave", admet-elle. Pour autant, à la sortie des classes, cette idée est loin de faire l’unanimité. "Clôturer mes enfants derrière un mur, comme s'ils étaient en prison, ce n'est pas une bonne idée, s'emporte cette mère de famille. Il ne manque plus qu'un mirador et des 'matons' et on y est".

Globalement, la plupart des parents souhaitent que le problème des armes soit réglé directement. C’est ce que répond également l’adjointe à la sécurité Valérie Pozmentier: "Construire un mur revient à accepter un ghetto, une zone de non-droit. La sécurité dans et aux abords des écoles, voilà de quoi il s'agit. C'est pour cela que j'en appelle aux forces de sécurité". En réponse, la mairie vient de débloquer une enveloppe d'urgence de quatre millions d'euros pour les écoles.

M.R avec Stéphane Burgatt