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Nuit debout, les riverains en colère: "les gens se servent de ce lieu comme toilettes publiques"

REPORTAGE - Le mouvement social qui s’est installé depuis fin mars place de la République à Paris pèse sur la vie du quartier. RMC est allée à la rencontre de ces habitants et commerçants, fatigués d’assister aux affrontements ou de retrouver le quartier souillé.

Les commerçants de la place de la République sont impuissants. Au fil des semaines, ces voisins directs du mouvement Nuit debout subissent les débordements qui surviennent en marge du rassemblement et les clients se font plus rares. "Le matin, il arrive souvent qu’on retrouve le restaurant avec les pots de fleurs cassés, on a déjà eu des vitres cassées", déplore Johann Assoun, responsable du restaurant La Taverne.

A chaque fois que les CRS interviennent, il est obligé de fermer. "On a été obligé de rentrer la terrasse aux alentours de 22-23 heures parce qu’ils s’apprêtaient à lancer un assaut et c’est encore une perte de chiffre d’affaires", poursuit-il. 

Plusieurs restaurants ont perdu jusqu’à 30% de leur chiffre d’affaires notamment le soir. La cohabitation est aussi compliquée pour les habitants du quartier confrontés à la saleté des lieux.

"Je pense que les gens se servent de ce lieu comme des toilettes publiques. J'ai trouvé des tampax usés! On peut revendiquer plein de choses, mais il y a toujours le respect. Si on ne respecte pas les lieux, ça ne va pas", regrette Véronique.

"On est passé entre les gouttes" des gaz lacrymogènes

Lionel, un jeune papa, habite lui aussi tout près de la place. La situation devient pesante pour sa famille.

"Le matin c'est dégueulasse. Il y a des papiers partout, il y a aussi des feux de poubelles qui ont été allumés pendant la nuit. Le soir c'est pas agréable parce que comme ils prennent tous l'apéro faut bien qu'ils aillent uriner et donc ça sent. Ca nous énerve parce qu'on a un enfant en bas-âge et on passe tous les jours place de la République. On n'a pas eu trop à se mêler aux gaz lacrymogènes, heureusement, on est passé entre les gouttes"

Le manque de respect des manifestants pour les lieux est aussi déploré par Patrice, du collectif "17 plus jamais". Il fait partie de ces bénévoles qui nettoient les abords de la statue, devenue le mémorial des attentats de Paris.

"Tous les jours on trouve des verres cassés, des bouteilles. Ce monument on l'entretient pour la mémoire des victimes, il ne faut pas oublier ça", rappelle-t-il.

Dans le quartier, beaucoup espèrent désormais que le mouvement Nuit debout se termine rapidement. 

C. B avec Barthélémy Bolo