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"On ne fait plus confiance à personne": les salariés d'Ascoval dans le flou

Filiale majeure du groupe qui vient de reprendre l'aciérie Ascoval dans le Nord, le sidérurgiste britannique British Steel a été placé, mercredi, en redressement judiciaire au Royaume Uni. Ce qui provoque l'inquiétude des salariés.

Le sauveur a-t-il besoin d'être sauvé ? Nouvelle inquiétude pour les 270 salariés d'Ascoval à Saint-Saulve (Nord). Le sidérurgiste britannique British Steel est en mauvaise posture, il a été placé mercredi en redressement judiciaire au Royaume Uni. Or c'est sa maison-mère, Olympus Steel, qui a repris Ascoval il y a à peine une semaine, et qui était son principal levier pour alimenter l’usine en commandes.

Sur place, les ouvriers ont décidé de stopper le travail une bonne partie de la journée et le moral est plus bas que terre. Pour Salvatore Benedetti, délégué du personnel, comme pour beaucoup de salariés, c’est le coup de trop. La reprise devait être le point de départ d’une collaboration avec British Steel. Aujourd’hui c’est un peu un sentiment de trahison qui règne.

"On ne sait pas comment tout ça va se terminer"

"C'était présenté comme un très gros groupe industriel. Aujourd'hui ils se cassent la pipe... On ne sait pas comment tout ça va se terminer. On a besoin de concret, du plan de financement."

Tous attendent maintenant de rencontrer le repreneur britannique, muet depuis le début de l’affaire. Un déplacement est prévu dans les jours qui viennent. Déplacement Décisif. S’il ne convainc pas, les salariés pourraient décidé eux-même de mettre la clef sous la porte. Michael Boutique, autre délégué du personnel.

"Si on a des choses concrètes on les présentera à tout le monde et les salariés décideront de notre sort. On ne fait plus confiance en personne."

Les garanties en terme de commandes et d’investissement devront être indiscutables pour que cette confiance renaisse du côté des ouvriers.

Lionel Top (avec James Abbott)