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Booba, "un harceleur qui se dit lanceur d'alerte" affirme Magali Berdah en pleurs

Magali Berdah, la patronne de l'agence d'influenceurs Shauna Events, a tenu une conférence de presse ce mercredi matin. Elle a notamment listé les plaintes qu'elle a déposées et dit subir un harcèlement du rappeur Booba. En pleurs, elle a assuré qu'elle ne se "tairait pas".

La papesse des influenceurs Magali Berdah a qualifié ce mercredi à Paris, lors d'une conférence de presse, le rappeur Booba de "harceleur qui se dit lanceur d'alerte" et a listé la quinzaine de plaintes ou compléments déposée après le harcèlement qu'elle l'accuse d'avoir initié.

Sans jamais le nommer, Magali Berdah a lancé au sujet du rappeur, natif de Boulogne-Billancourt: "Cet homme qui se dit lanceur d'alerte est un harceleur. Ce qui se passe est très grave, ça se fait aux yeux de tous".

"Je ne peux pas accepter que (...) le combat pour protéger nos enfants, nos familles, des dérives d'Internet (...) soit confié à une personne qui attise la haine sur les réseaux à ce point-là", a encore dit, les larmes aux yeux, la patronne de la société Shauna Events. "Chacun prendra ses responsabilités. En ce qui me concerne, je reste debout et je ne me tairai pas", a-t-elle insisté.

Présent à son côté, son avocat Me Antonin Gravelin-Rodriguez a listé les "plus de 100.000 messages" qui l'auraient visée, elle ou ses proches, certains à caractère antisémite. Pour lui, "tout a commencé le 17 mai, lorsqu'un compte Twitter suivi par près de six millions de personnes et administré par qui vous savez bien", désignant par là Booba, "a publié des extraits de procès verbaux avec des infos personnelles de Magali Berdah."

Le conseil a évoqué la dizaine de plaintes ou compléments de plaintes déposée entre mai et août, et qui seront selon lui encore complétés prochainement, pour des faits de "harcèlement".

Une enquête ouverte par le parquet de Paris

Depuis le 1er juin, une enquête est ouverte au Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris notamment pour menace de mort, harcèlement par un moyen de communication électronique, injure publique à raison de l'origine et du sexe.

Me Gravelin-Rodriguez a aussi évoqué "cinq plaintes" pour d'autres infractions dont une tentative d'extorsion ou une agression subie par sa fille. "Ni menaces de mort ni antisémitisme ni cyber-harcèlement. Juste votre CV", avait écrit dans un tweet Booba fin août.

Le rappeur, de son vrai nom Elie Yaffa, a de son côté déposé une plainte contre X pour dénoncer des pratiques commerciales trompeuses attribuées à Shauna Events et une escroquerie en bande organisée. Le parquet de Grasse a ouvert une enquête le 6 septembre sur la seule première infraction, confiée au commissariat d'Antibes.

"Je suis certain que les policiers du commissariat d'Antibes font très bien leur travail, je ne suis pas certain qu'ils soient spécialisés" en "pratiques commerciales trompeuses", a critiqué l'avocat de Magali Berdah, évoquant un "déséquilibre judiciaire évident".

La rédaction avec AFP