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"Je ne peux admirer quelqu’un qui hait les Juifs": pourquoi Gérard Darmon en veut à Jean-Luc Godard

L'acteur Gérard Darmon a assuré ne pas pouvoir admirer le cinéaste Jean-Luc Godard, mort mardi à l'âge de 91 ans, déplorant certaines de ses prises de position controversées contre Israël et les Juifs.

Le monde du cinéma a salué la mémoire de Jean-Luc Godard, le cinéaste franco-suisse mort le 13 septembre dernier à l'âge de 91 ans. Mais quelques-uns se sont abstenus. C'est le cas de l'acteur Gérard Darmon qui a assuré mercredi ne pas pouvoir admirer "quelqu'un qui hait à ce point les juifs".

Invité de l'émission C à Vous sur France 5 mercredi, Gérard Darmon est revenu sur certaines prises de positions passées de Jean-Luc Godard sur Israël et les Juifs. "J'ai peur d’être un peu à contre-courant en parlant de ce monsieur, qui est le cinéaste qu’il était, ce qui n’est pas ma tasse de thé, mais c’est surtout l’homme qui n’a pas été très bienveillant pour ma communauté, pour les Juifs en général et pour Israël en particulier", a-t-il assuré.

Dès les années 70, Jean-Luc Godard avait pris position en faveur de la cause palestinienne et contre l'état d'Israël. En 1970, dans un film consacré à un camp de réfugiés palestiniens en Jordanie, le cinéaste avait assuré que "les Juifs font aux Arabes ce que les nazis ont fait aux Juifs". En 1972, lors de l'assassinat de plusieurs athlètes israéliens par un groupe palestinien aux Jeux olympiques de Munich, il avait estimé qu'il aurait fallu "passer une image des camps palestiniens avant chaque finale".

"Antisémitisme, négationnisme, révisionnisme"

"Je trouve que les propos qu’il a tenus étaient absolument inadmissibles, c’était de l’antisémitisme, c’était du négationnisme, c’était du révisionnisme, et je pense que j’ai été plus touché par la disparition de la reine Elizabeth que par Jean-Luc Godard, pardonnez-moi. Mais je ne peux pas admirer quelqu’un qui hait à ce point-là les Juifs, ce n’est pas possible. C'est comme lire Céline (auteur français ouvertement antisémite et collaborationniste, ndlr), jamais je ne le ferais. C'est un peu comme si j'admirais les peintures d'Hitler", a estimé Gérard Darmon.

"Paix à son âme mais ce n'est pas quelqu'un que j'apprécie et que j'aime. Qu'il soit pro-palestinien, c'est très bien, je suis pour d'une certaine façon aussi, mais on ne peut pas dire ce qu'il en dit. On ne peut pas dire qu’en réalité, 'les Juifs de la Shoah s’étaient fait tuer exprès comme des moutons, pour que trois ans après on reconnaisse Israël'. Et quand je pense qu’il y en a qui adhèrent à ce genre de propos, je trouve ça honteux", a-t-il poursuivi.

En 2010, Jean-Luc Godard avait provoqué une levée de bouclier de la part de la presse américaine alors qu'il devait recevoir un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. En 2018, enfin, le cinéaste avait signé une pétition appelant au boycott culturel d'Israël, son dernier acte du genre avant de mourir mercredi donc, en ayant eu recours à l'assitance au suicide.

G.D.