RMC

La cérémonie Miss France dédiée à la cause des femmes: "Ce concours n'a rien de féministe"

-

- - -

Ce samedi soir a lieu la 88e cérémonie des Miss France, qui sera cette année dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes. Une initiative qui laisse sceptique l'association féministe Osez le Féminisme.

Raphaëlle Rémy-Leleu est porte-parole de l'association Osez le Féminisme.

"Tout instant de grande audience où on parle de violences contre les femmes, c'est une bonne chose à prendre. Mais les violences masculines, on ne les arrêtera pas simplement en en parlant, on les arrêtera en changeant de société, en changeant un système terriblement sexiste. C'est très paradoxal d'avoir une soirée qui met en valeur les femmes comme des objets et qui, en même temps, veut les protéger des violences. Parce que le terreau des violences, c'est la déshumanisation.

Tous les endroits pour en parler sont bons à prendre mais ça ne suffira pas, il faut se réinterroger profondément sur ce que signifie cette soirée et ce concours. Et ce n'est pas une soirée, ce n'est pas un concours, ce n'est pas une méthode d'organisation ou une méthode de valorisation des femmes qui est féministe.

"Des critères rétrogrades"

Pour lutter contre les violences faites aux femmes, il faudrait beaucoup plus de moyens. Il faudrait casser cette culture du viol, des violeurs, cette culture d'éducation où les femmes sont des objets. Et ça passe par le fait de valoriser les femmes autrement que comme des objets, mais comme de véritables sujets. Ça m'effare que l'une des rares soirées où l'on voit plus de femmes que d'hommes à la télévision, c'est pour assister à un défilé en maillot de bain.

Et ce que je déplore dans ce concours Miss France, ce ne sont pas uniquement les critères de beauté physique. Il y a quand même des critères qui sont assez particuliers et assez rétrogrades: le fait de ne pas être tatouée où l'on retrouve cette idée de pureté, le fait d'être célibataire sans enfant...

Donc pour être valorisée en tant que femme aujourd'hui, il faut être belle, il faut répondre à certains critères de beauté qui ne sont pas du tout les critères de beauté médians, et en plus il faut accepter de se découvrir et d'être scénarisée comme une femme objet disponible. En fait, c'est une des méthodes de déshumanisation, de coupure d'empathie contre les femmes et en cela, c'est paradoxal d'utiliser ce moment-là pour parler de lutte contre ces violences".

Paulina Benavente (avec R.G.)