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"Purge des policiers": nombreux incidents lors de la soirée d'Halloween en Essonne et à Lyon

Alors que le ministre de l'Intérieur avait demandé aux préfets "une mobilisation renforcée", la soirée du 31 octobre a été marqué par plusieurs incidents parfois violents.

Est-ce un effet "Halloween"? La soirée du 31 octobre, veille de jour férié et soirée d'Halloween, a été marquée par de nombreux incidents en France, et en particulier en Essonne. 

Une dizaine de quartiers ont ainsi été touchés par des violences urbaines la nuit dernière: en 2017, seulement 3 quartiers avaient été la proie d'incidents la même nuit d'Halloween, selon le syndicat de police Alliance, contacté par RMC.

Scènes surréalistes dans les rues de l'Essonne

A Montgeron, une épicerie a été attaquée par une vingtaine de jeunes masqués pendant cette soirée et y ont volé des engins pyrotechniques. Quelques instants plus tard, les policiers qui poursuivaient un groupe de trois jeunes filles ont été la cible d'un caillassage et une bouteille d'acide a notamment été lancée sur eux. Deux agents ont été légèrement intoxiqués.

Des violences ont également été signalées à Etampes où un magasin de sport a été pillé par une vingtaine de personnes cagoulées. Les habitants de Saint-Michel-sur-Orge ont assisté à une scène surréaliste, où l'on a vu déambuler 40 individus dans les rues, armés de barres de fer. Aux Ulis, une brigade a été attaquée au mortier, un arme improvisée constituée d'une boule pyrotechnique de 5 cm de diamètre projetée à l'aide d'un tube planté dans le sol. Enfin, à Draveil, un supermarché été vandalisé et des véhicules ont été dégradés.

Sept personnes ont été interpellées dans la soirée de mercredi à Lyon après des scènes de violence urbaine dans le centre-ville. Elles ont été arrêtées près de la place Bellecour où ont eu lieu des "bousculades" et des "jets de projectiles sur la vitrine d'un fleuriste", a indiqué la préfecture, qui a réfuté toute action "organisée". En 2016 et 2017, la soirée d'Halloween avait déjà été marquée par des incidents dans l'agglomération lyonnaise. 

"Tous les crimes sont autorisés le temps d'une nuit"

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait demandé mercredi aux préfets "une mobilisation renforcée", après la diffusion sur les réseaux sociaux de messages appelant à une "purge" des policiers le soir d'Halloween.

Le jeune Isérois de 19 ans, à l'origine du premier message devenu viral, sera jugé le 28 novembre pour "provocation, non suivie d'effet, au crime ou délit", après son appel à la "purge" le mercredi 31 octobre, soir d'Halloween. Il évoque de son côté "une énorme blague".

Depuis samedi, plusieurs documents circulent sur les réseaux sociaux. L'un d'eux, intitulé "Les règles de la purge de Corbeil-Essonnes", appelle notamment à attaquer les forces de l'ordre "au mortier, feux d'artifice, pétards, pierres". Ces appels s'inspirent d'un film Americain Nightmare, dans laquelle, aux Etats-Unis, tous les crimes sont autorisés le temps d'une nuit.

Pour autant, le syndicat de police Alliance, ce jeudi sur RMC, tient à rester prudent quant aux liens avec les appels à la "purge".

"On ne peut pas dire qu'il y ai un lien direct entre les violences et l'appel à la purge. Les enquêtes vont le démontrer: il y a eu plusieurs interpellations et des auditions vont avoir lieu. Les saisies de téléphone portable devraient donner ces éléments. On peut redouter que l'appel à la purge a eu un effet mais on ne peut pas le confirmer" a expliqué Loïc Travert du syndicat.
Chloë Cambreling avec Xavier Allain