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Qui est Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du prix Goncourt?

LE PORTRAIT - Mohamed Mbougar Sarr a décroché le Prix Goncourt, remis ce mercredi. Il en était le favori malgré son jeune âge: 31 ans.

Ces derniers jours, on disait, on entendait par ci, par là, que Mohamed Mbougar Sarr était le favori du Prix Goncourt. C'est maintenant fait. Le jury l'a annoncé ce mercredi: le Sénégalais est le premier écrivain d'Afrique subsaharienne à être consacré par le plus prestigieux des prix littéraires.

Il tenait le record des nominations aux différents prix littéraires, avec son roman “La plus secrète mémoire des hommes”. et était d’ailleurs aussi sur les rangs pour le Renaudot, remis également mercredi à Amélie Nothomb.

Favori de la critique Mohammed Mbougar Sarr est également à 31 ans, le plus jeune primé du Goncourt. Il a obtenu 6 voix au premier tour, a annoncé Philippe Claudel, secrétaire général du Goncourt, au restaurant Drouant, à Paris.

Quel a été son parcours ?

Il a grandi au Sénégal, dans une fratrie de 7 garçons. Et quand il était ado, il pensait devenir footballeur. Il a finalement choisi un tout autre destin, puisqu’il est venu en France, et a été admis à l’Ecole des Hautes études en Sciences sociales. II raconte que ce sont ses parents qui lui ont donné le goût des livres, puis ses profs, qui l’ont poussé à écrire.

Quand on lit ses interviews, on découvre un intellectuel plutôt discret, qui ne semble pas chercher la gloire, mais que le succès est en train de rattraper. A son éditeur, il avait promis de courir un marathon s’il apparaissait sur 3 listes des prix littéraires. Il va falloir s’y plier.

“La plus secrète mémoire des hommes”, son roman est publié chez Philippe Rey. Et c’est une déclaration d’amour au métier d’écrivain. Dans son histoire, le narrateur, lui même romancier sénégalais, se lance dans une enquête, une traque, pour retrouver l’auteur d’un livre, qui depuis sa publication, a disparu dans la nature, pour de mystérieuses raisons.

Une traque qui vous emmène de Dakar à Buenos Aires, en passant par Paris et Amsterdam… et cela à travers les époques.

Qui étaient les autres finalistes? 

Sorj Chalandon, pour “Enfant de salaud”, où il raconte le passé collabo de son père. On trouve aussi l’écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert pour “Milwaukee Blues”, inspiré du meurtre de George Floyd, aux Etats-Unis. Et puis, et Christine Angot, mais elle a déjà reçu un prix prestigieux, le Médicis pour “Le voyage dans l’Est”.

Le saviez-vous?

Le lauréat du prix Goncourt ne remporte qu'un chèque de ... 10 euros. Mais le prestige - et les ventes qui s'en suivent - suffisent au bonheur des lauréats.

Sébastien Krebs (édité par J.A.)