RMC

Ses erreurs, son amertume envers Macron, sa vie privée… ce que dit Hollande dans Les leçons du pouvoir

Les Leçons du pouvoir... C’est le titre du livre bilan de François Hollande, qui paraît ce mercredi aux éditions Stock. L’ancien président revient sur 5 années de mandat. Et concède plusieurs erreurs…

D’abord son intervention télévisée pendant l’affaire Léonarda, la loi Travail et l’utilisation du 49-3, "erreur de méthode et de calendrier", les conseils des ministres dont il n’a pas pu "faire un véritable lieu de débat", son manque de clairvoyance avec Jérôme Cahuzac. François Hollande écrit aujourd’hui que "la démission doit intervenir dès le déclenchement de la procédure judiciaire sans attendre la mise en examen". Mais son plus grand regret reste sa proposition d’inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution. "La raison n’a pas toujours raison. Même dans les milieux les plus éduqués, on cède sans retenue à la passion. J’ai sous-estimé l’impact émotionnel de cette mesure".

Les mots sont très durs envers Emmanuel Macron

Pas de vengeance, mais de la rancœur. Emmanuel Macron est savamment étrillé au long des 406 pages. Le chapitre 22, intitulé "Faire confiance", lui est entièrement consacré. "Il sait séduire son interlocuteur en devinant ce qui sera agréable à son oreille. Il a toujours cette façon de nier l’évidence avec un sourire".

François Hollande reconnaît qu’il est tombé dans le panneau, qu’il n’a pas vu venir son jeune ministre. Reste donc l’amertume: "Je sais d’où je viens, à quelle histoire j’appartiens, écrit-il, quand d’autres croient que, dans le ciel, ne luit qu’une seule étoile, la leur, et que tout est affaire de chances et de circonstance". "Je n’ai pas cessé de me situer dans un camp, celui du progrès. C’est celui qui a été appelé l’ancien monde. C’est le mien. Il a de l’avenir".

François Hollande se confie aussi sur sa vie privée

"Je suis pudique" commence-t-il par dire, avant de revenir sur les femmes de sa vie. Ségolène Royal, "un mère formidable, féministe adepte des coups d’éclats et des initiatives audacieuses. Même séparés, nous étions capables d’œuvrer pour le bien commun". Valérie Trierweiler, victime, selon lui, du "syndrome de la première dame. Quelque chose s’est brisé entre nous le jour de son tweet de soutien" à l’adversaire de Ségolène Royal aux législatives. "Les mots [de son livre Merci pour ce moment] m’ont fait mal. Nous avons mis du temps pour échanger de nouveau. Mais j’ai été sensible au mot délicat qu’elle m’a adressé le dernier jour de mon mandat". Julie Gayet, enfin, "tendre et délicate, suffisamment éloignée de la scène publique, avec cette aspiration au bonheur qui rend la vie plus douce. Même à l’Elysée".

Mathieu Rouault