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"Peter Pan", 47e mondial: le parcours fantastique de l'épéiste Romain Cannone, premier médaillé d'or français aux JO de Tokyo

"LE PORTRAIT" - L’épéiste français a offert dimanche la première médaille d’or à la France.

Il a pris tout le monde de court. Il faut dire qu’il était loin d’être le favori. Et pourtant, dimanche, à seulement 24 ans, il a littéralement survolé la compétition, avec un style de jeu très instinctif. Romain Cannone, c’est d’abord un gabarit d’escrimeur atypique, 1m77 pour 67 kilos.

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C’est aussi une gueule d’ange, un grand enfant, selon ses coéquipiers, un brin naïf. Son surnom est tout trouvé : ce sera “Pano”, pour Peter Pan. C’est aussi l’histoire d’un remplaçant qui devient plus grand que les grands. Invité surprise de ces jeux, il est appelé à la dernière minute pour remplacer un autre escrimeur, en individuel, Daniel Jérent, visé par une enquête après un contrôle antidopage positif.

Des débuts au Brésil

Un alignement de planètes donc. Le début du conte de fée. Avant d’arriver à Tokyo, le français parcourt beaucoup de chemin. Le Brésil d’abord tout petit. Puis New York où ses parents tiennent des magasins de macarons. C’est là-bas qu’il découvre l’escrime grâce à sa cousine à l’âge de 9 ans. Il apprend les bases avec un entraîneur ukrainien. Son mentor. Il progresse ensuite en université, apprend à répéter les coups, mais échoue à obtenir sa naturalisation.

Qu’à cela ne tienne, Romain est déterminé. Il ira faire ses preuves en France. À son retour, il intègre le Creps de Reims avant l’Insep en 2018 puis l’équipe de France seniors un an plus tard, en double cursus avec la Skema Business School, une prestigieuse école de commerce. Un peu mystique, Romain croit aux miracles. Il dit même avoir prié samedi avant le début de la compétition. Ses vœux ont semble-t-il été exaucés.

Romain Cannone, c’est aussi la fougue de la jeunesse. L’audace d’aborder un adversaire, sans pression, en oubliant son classement mondial. “Si on commence à penser au classement, on se couche un peu, on n’est pas dans le combat”, dit-il. Et ça marche. Celui qui pointe au 47e rang mondial élimine de son chemin, le champion olympique de 2012, puis les numéros 1, 2 et 3 mondiaux.

Jusqu’à dimanche, il n’était jamais monté sur un podium international individuel. Maintenant, c’est chose faite. Peter Pan est devenu grand. Objectif désormais le doublé en équipe. Et dans trois ans Paris 2024 pour récidiver, en position cette fois-ci de favori.

Margaux Bourdin avec Guillaume Descours