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Philippe Duron: "Les gens ne sont pas contents du service des Intercités"

Le député PS du Calvados Philippe Duron, ce mardi.

Le député PS du Calvados Philippe Duron, ce mardi. - RMC

Suppressions de lignes ferroviaires, remplacement par des bus, réduction de dessertes, les trains Intercités vont faire l'objet d'une restructuration drastique. Le député PS Philippe Duron, l'auteur du rapport remis ce mardi au gouvernement, était l'invité en exclusivité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC.

Invité en exclusivité ce mardi de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, le député PS du Calvados Philippe Duron rend sa copie au gouvernement sur l'avenir des trains Intercités (anciennement Corail). La commission qu'il préside a passé au peigne fin l'ensemble de ces lignes ferroviaires. Et son verdict est sans appel: "c'est une catastrophe financière", a déclaré Philippe Duron.

Les Intercités, appelés TET (Trains d'équilibre du territoire), ce sont 22 lignes de jour , une dizaine de lignes de nuit et un déficit d’exploitation qui s'aggrave d'année en année. "On perd de plus en plus d'argent", a insisté le député du Calvados.

"Une vieille dame en fin de vie"

"Les gens ne sont pas contents du service des TET, a-t-il ajouté. Moi-même, je prends le TET deux fois par semaine entre Caen et Paris. Une fois sur quatre ou sur cinq, le train n'est pas à l'heure. La locomotive n'est pas-là, parce que c'est une dame en fin de vie qu'il faut bichonner. Et c'est des fois un peu plus long que ce qu'il faudrait."

Parmi les préconisations les plus polémiques de son rapport, la suppression de plusieurs tronçons. "Nous proposons, effectivement de [les] transférer soit vers des TER soit d'aller vers le car".

"En tout, Il y a cinq lignes sur lesquelles on peut s'interroger et trouver des solutions de remplacement."

Autocar ou transfert vers le TER

Dans son viseur, Reims-Dijon ou encore la mythique ligne Bézier-Clermont-Ferrand. "C'est un train qui est cher et qui va moins vite que la route, a-t-il plaidé. A côté, vous avez des autoroutes gratuites et des cars qui pourront aller mieux." Idem pour la section Marseille-Nice sur la ligne Bordeaux-Nice. "Très long parcours, durée interminable", s'est-il agacé. "Il y a déjà une offre de vingt trains entre Marseille et Nice! A mon avis, ça peut suffire".

Quant à Bordeaux-Lyon, il propose le remplacement de la ligne par des autocars: cette ligne est "subventionnée à hauteur de 250 euros le billet, quand celui-ci ne vaut même pas 60 euros", a-t-il précisé. Et pour la ligne Caen-Le Mans-Tour, "ce sera un transfert vers le TER".

"Restructurer les trains de nuit"

En revanche, pas question pour Philippe Duron de toucher à certains tronçons, comme Bordeaux-Toulouse: au contraire, c'est "une ligne que l'on propose de renforcer", a-t-il poursuivi. "Parce qu'il y a aussi des lignes que l'on propose de renforcer." Quant aux trains de nuit, "dont le modèle économique n'est plus viable", peut-on lire dans le rapport, tous ne sont pas condamnés à disparaître.

"Nous ne proposons pas de supprimer les trains nuits, mais de les restructurer", a-t-il essayé de nuancer. C’est-à-dire de "prendre en considération notamment la saisonnalité touristique, de calquer les voies sur les flux de circulation". Par exemple, a ajouté le rapporteur PS, "même si c'est très déficitaire, il n'est pas question de supprimer le train Paris-Briançon, parce qu'il n'y a pas d'alternative." Pas sûr que cela suffise à rassurer certains usagers et leurs élus, déjà très inquiets de l'avenir des trains Intercités. 

C. P.