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Plan Hollande pour l'emploi: près de 16.000 dossiers de prime à l'embauche déposés

François Hollande a fait des annonces pour inverser la courbe du chômage

François Hollande a fait des annonces pour inverser la courbe du chômage - AFP

ENQUETE RMC > François Hollande a dévoilé le 18 janvier un nouveau plan d'urgence contre le chômage. Organisé autour de trois axes - formations, apprentissage et aide à l'embauche et aux PME -, le plan d'"urgence" pourrait au total coûter quelque deux milliards d'euros à l'Etat. Un mois après, est-ce que ce plan fonctionne?

François Hollande a toujours dit qu'il ne présenterait pas à la présidentielle de 2017 si la courbe du chômage ne s'était pas inversée d'ici-là. Et tous les moyens sont bons pour y arriver. Le dernier en date a été annoncé, il y a tout juste un mois: le chef de l'Etat a présenté un plan pour sauver l'emploi face à "l'état d'urgence sociale". Parmi les mesures de ce plan pour faire baisser le chômage, une prime immédiate à l'embauche pour les PME et très petites entreprises.

4.000 euros répartis en deux ans

Concrètement, depuis le 18 janvier et jusqu'au 31 décembre 2016, les embauches réalisées par les entreprises de moins de 250 salariés bénéficient d'une aide de 500 euros par trimestre durant les deux premières années de contrat, soit 4.000 euros au total. Un coup de pouce aux entreprises qui remporte déjà un énorme succès. En effet, selon le ministère du Travail, depuis le 26 janvier, date de parution du décret, environ 16.000 dossiers ont déjà été déposés.

Par exemple, au sein de la start-up parisienne, Batiwiz (un site de vente dédié aux produits du bâtiment), Rémi Calmel, le patron, a déjà déposé un dossier pour embaucher trois personnes avec ce dispositif. "Sur les 18 prochains mois, on a de gros volumes d'embauche à faire. On a beaucoup de besoins", assure-t-il. Pour le moment, il y a 20 salariés mais dans quelques mois ils seront 23. Tout cela grâce à la prime à l'embauche comme l'explique le patron de ce site fondé il y a trois ans.

"Un effet d'aubaine"

"4.000 euros répartis sur deux ans, c'est un coup de pouce au sens où c'est un accélérateur pour l'entreprise, estime-t-il. C'est aussi un coup de pouce pour les salariés qui se retrouvent plus rapidement embauché". La preuve, Nadia a été embauchée en CDI, trois mois plus tôt que prévu. "Je m'en suis servie le jour de l'entretien. Ça a été un petit plus, reconnaît-elle. Si François Hollande nous en donne les moyens, autant foncer".

Toutefois, Jérôme Suska, responsable d'un réseau d'expertise comptable, estime qu'il ne faut pas crier victoire trop vite. Selon lui, cette aide ne va pas permettre d'inverser la courbe du chômage: "On va être plus sur un effet d'aubaine, c'est-à-dire que les employeurs vont profiter de ce nouveau dispositif pour éventuellement compenser un départ ou alléger le coût de la masse salariale. On n'est pas sur des emplois vraiment crées". S'il admet que "l'aide est intéressante", il juge "pour autant que ce n'est pas cette aide-là qui va inciter le chef d'entreprise à accroître (son activité) et embaucher du personnel mais bien son activité et son carnet de commandes".

Maxime Ricard avec Anaïs Denet