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Plan Vigipirate "alerte attentat": "On a un peu l'impression d'être en guerre"

Le plan Vigipirate est à son niveau maximum depuis les attentats du début d'année

Le plan Vigipirate est à son niveau maximum depuis les attentats du début d'année - PHILIPPE HUGUEN / AFP

REPORTAGE RMC – Un mois après la marche républicaine du 11 janvier, focus ce mercredi matin sur les conditions de vie des militaires déployés dans le cadre de Vigipirate "alerte attentat". Plus précisément, RMC a passé un après-midi avec des soldats venus du 126ème régiment d'infanterie de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et chargés de la surveillance d'une école juive à Paris.

Il y a un mois, Paris était la capitale mondiale de la lutte contre le terrorisme. Le 11 janvier 2015, près de 4 millions de personnes s'étaient retrouvées dans la rue contre les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher. Une mobilisation historique. Mais un mois après que reste-t-il ? Focus ce mercredi matin, sur RMC, sur les 6 200 militaires déployés dans le cadre de Vigipirate "alerte attentat" en Ile-de-France. Des soldats chargés de la surveillance des sites sensibles : lieux de culte, écoles, représentations diplomatiques et consulaires ou encore organes de presse.

Concrètement, RMC a passé un après-midi avec des soldats chargés de la surveillance d'une école juive à Paris. Arrivés le 13 janvier dans la capitale, ils viennent tous du 126ème régiment d'infanterie de Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Vivants sur place 24h/24, ces militaires se sont donc aménagés un lieu de vie au sein de l'établissement. A l'étage, "il y a six lits avec des matelas en plus pour renforcer le confort", explique Ayman, le chef du régiment. Rustique? "C'est du luxe pour nous", assure-t-il.

"Ça fait bizarre"

Pourtant, cette chambre fait à peine 15m² et n'a pas de douche, juste un évier et un micro-onde. Mais pour ces soldats, c'est toujours mieux que la tente en plein vent. Autre "luxe "de cette mission: habituellement, les militaires de ce régiment sont déployés à l'étranger. Une mission que le première classe François vit d'ailleurs comme une opération à l'extérieur, mais…en France.

"Ça fait bizarre de voir autant de militaires déployés dans notre propre pays. On a un peu l'impression d'être en 'guerre' ". Mais à la différence des missions à l'étranger, les soldats sont en contact quotidien avec des civils : les familles qui fréquentent cette école. Des familles qui chouchoutent le sergent Julien et son groupe. "Il y a des mamans qui nous apportent des gâteux faits avec leurs enfants. On ne peut pas refuser, ils nous les mettent dans les mains. On n'a pas le choix".

Gâteux, discussions et lettres de remerciements

Mais au-delà des gâteaux, il y a aussi les discussions et de nombreuses lettres de remerciements rédigées par les enfants. Des petits mots gardés précieusement par le capitaine Arnaud: "Des élèves de petites classes nous écrivent des courriers pour nous remercier, pour nous dire qu'ils pensent à nous qui sommes loin de nos familles. Cela nous touche beaucoup, ça nous fait du bien ainsi qu'à nos familles de voir qu'on est loin mais qu'on sert à quelque chose et que la population le reconnaît".

Toutes les 48 heures, les équipes changent. Les soldats partent se reposer deux jours dans une caserne d'Ile-de-France puis reviennent. S'il est évident que ce soldats ne resteront pas indéfiniment en faction sur place, à l'heure actuelle le plan Vigipirate reste en " alerte attentat" dans toute l'Ile-de-France. Dès lors, les soldats du 126ème régiment d'infanterie de Brive-la-Gaillarde devraient donc rester encore plusieurs jours dans cette école parisienne.

Un exemple de lettre reçue par les militaires
Un exemple de lettre reçue par les militaires © Céline Martelet
Maxime Ricard avec Céline Martelet