RMC

Plus d'un quart des aidants ne prennent pas de congés par culpabilité

Onze millions de personnes en France accompagnent chaque jour un proche en situation de maladie ou de dépendance. Et plus d'un quart d'entre eux refusent de prendre des congés. Alors à partir de jeudi, une allocation doit entre en vigueur pour leur permettre de prendre des jours de vacances rémunérés.

Ils sont 11 millions en France à accompagner quotidiennement un proche en situation de maladie ou de dépendance. Les aidants comme on les appellent consacrent entre 2h et 40h par semaine à assister un parent ou un enfant. Et ils sont très nombreux à ne jamais prendre de répit. Comme révèle le 6e baromètre de la Fondation April, que RMC vous dévoile ce matin en exclusivité. Pour expliquer qu'ils préfèrent rester auprès de leur conjoint ou de leur enfant en situation de dépendance, les aidants sont plus d'un quart (27%) à citer le sentiment de culpabilité à prendre du temps pour eux.

Pour les soutenir un peu, un congé de proche aidant rémunéré va entrer en vigueur ce jeudi. Une allocation comprise entre 43 et 52 euros par jour selon les cas, qui sera versée par la CAF. Mais pour une durée de trois mois maximums (fractionnables, pour l'ensemble de la carrière).

"J'ai vraiment l'impression de faire plusieurs vies en une, je suis épuisée"

Une aide qui pourrait encourager Sandrine, maman d'une petite fille de 7 ans polyhandicapée, à prendre des congés. Car sa fille, Leina, atteinte du syndrome de Rett, requiert une attention constante. Alors quand elle n'est pas à l'école, c'est sa maman Sandrine s'occupe d'elle. En plus de son travail de bibliothécaire: "Il faut la stimuler, lui faire des massages. J'ai vraiment l'impression de faire plusieurs vies en une, je suis épuisée".

À bout de force, pourtant, comme beaucoup d'aidants, Sandrine ne s'accorde aucun répit. Trop de culpabilité: "Laisser ma fille pour prendre des congés avec mon mari c'est impossible pour moi. Je n'envisage même pas de le faire. Pour moi c'est normal de faire ça".

Pour accompagner un peu plus ces aidants, un congé rémunéré va entrer en vigueur cette semaine. Une bonne chose, selon Fabienne Errnoult, déléguée générale de la fondation April, même si ce n'est pas la revendication principale des aidants: "Ce n'est pas forcément le statut ou les aides financières qui arrivent en priorité dans leurs demandes. C'est vraiment des demandes d'accompagnement pour gérer la complexité administrative". Sandrine, ne dit pas autre chose. "Ce dont j'ai besoin", dit-elle, "c'est d'une meilleure prise en charge pour ma fille. Cela, ça m'apporterait un vrai répit".