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15 ans de réclusion pour le meurtre de son ex-compagne sur fond de harcèlement et jalousie

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Un homme de 44 ans a été condamné jeudi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Finistère, à Quimper, pour le meurtre, sur fond de jalousie, de son ex-compagne en avril 2018.

Tout en reconnaissant le caractère intentionnel du crime, les jurés ont été en deçà des réquisitions de l'avocat général, Romain Liverato, qui avait demandé une peine d'emprisonnement de vingt ans à l'encontre d'Ali N.. Ce dernier a toujours reconnu les faits tout en contestant avoir eu l'intention de tuer Isabelle M..

Le 16 avril 2018, l'accusé s'était rendu dans l'appartement de son ancienne compagne, maman d'une fillette âgée alors de six ans et née d'une précédente union, pour avoir des explications concernant des soupçons d'infidélité.

"Peut-on parler d'erreur quand on tue une femme?"

Une dispute avait éclaté et Ali N. avait porté à son ancienne compagne, qu'il harcelait depuis quelques temps, un coup de couteau en plein coeur. Il avait ensuite appelé les secours avant de se rendre de lui-même au commissariat.

"J'ai perdu la tête, je demande pardon à tout le monde, j'ai commis une grave erreur", a déclaré l'accusé jeudi, au troisième et dernier jour de son procès.

"Peut-on parler d'erreur quand on tue une femme?", s'est interrogée l'avocate des parents et du frère de la victime Chantal Sève, rappelant qu'en 2019 quelque 150 femmes avaient perdu la vie sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint.

"Ce qui est arrivé ça peut arriver à tout le monde", a plaidé l'avocat de la défense

L'élément intentionnel "ne fait aucun doute pour moi", avait estimé l'avocat général, mettant en avant la violence du coup porté avec un couteau doté d'une lame de 19 centimètres. "C'est dans le coeur qu'il porte ce coup de couteau", avait-il en outre souligné, concédant cependant qu'Ali Nemri n'avait aucun antécédent judiciaire, qu'il s'était rendu de lui-même à la police et que c'était une personne décrite comme étant plutôt calme et travailleuse.

"La lucidité, il n'en avait pas, la détermination, il n'en avait pas", a argué l'avocat de la défense, Ronan Apperé, estimant que sa seule intention était "qu'elle parle" et s'explique par rapport à ses soupçons d'infidélité.

"Ce qui est arrivé ça peut arriver à tout le monde", a-t-il plaidé, regrettant la "tendance à stigmatiser certains crimes (...) certaines victimes", une allusion aux violences faites aux femmes.

AFP avec la rédaction