RMC

A Nice les cellules d'aide ne désemplissent pas: "Ils ressassent sans arrêt les mêmes images"

Une semaine après l'attentat de Nice, la promenade des Anglais s'est transformée en mémorial aux victimes.

Une semaine après l'attentat de Nice, la promenade des Anglais s'est transformée en mémorial aux victimes. - Valery Hache - AFP

Sept jours après l'attentat qui a fait 84 morts à Nice, les Niçois restent anéantis. Les cellules de prise en charge psychologique continuent de recevoir des victimes ou leurs proches.

Pour de nombreux Niçois présents sur la promenade des Anglais lors de l'attentat, la vie s'est arrêtée le 14 juillet dernier. La ville et ses habitants portent encore les traces du drame et les cellules d'aide psychologique accueillent encore chaque jour de nouvelles personnes désemparées.

"On a moins de monde, mais des patients dans avec des états plus sévères d'obnubilation, de dissociation, de mutisme, d'incapacité à verbaliser les choses", explique Laurence ASkyénazi, pédopsychiatre à l'hôpital Lenval.

Elle a pris en charge de nombreux enfants victimes et leurs familles qu'il faut désormais épauler.

"Il y a eu deux choses extrêmement difficiles, d'abord le type de blessures, des blessures très violentes donc des traumatismes psychiques sont de fait bien plus violents. Et un deuxième type de traumatisme qui est vraiment très particulier et qui touche les enfants, les familles, c'est ce sentiment d'avoir été voyeur de toute cette horreur", poursuit le médecin. 

Une même question: "pourquoi?"

Benjamin Erbili travaille pour l'association "Entre autre", un collectif psychologique qui est intervenu auprès des familles des victimes dès le lendemain de l'attentat. Ils racontent tous la même chose, sidérés par la violence de l'attaque.

"Ils ressassent sans arrêt les mêmes images, les mêmes discours. Pourquoi c'est arrivé, pourquoi c'est arrivé à nous, pourquoi des hommes font ça. C'est tellement impossible pour eux d'appréhender cette réalité qu'il n'y a que ça dans leur bouche: pourquoi?", constate-t-il.

Il le sait, pour toutes ces victimes, "spectatrices" du drame malgré elle, la reconstruction prendra beaucoup de temps.

C. B avec Céline Martelet