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Abus sexuels au sein de l'Eglise: vers une indemnisation des victimes?

La commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise appelle à une indemnisation des victimes. Et elle est catégorique: c'est à l'Eglise de réparer.

Le pape a dit hier son "immense chagrin" face à cette "effroyable réalité". L'effroyable réalité des violences sexuelles commises sur mineurs en France par des prêtres. La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise qui a rendu hier ses conclusions, estime à 216.000 le nombre de victimes, depuis 1950. 

La commission indépendante sur les violences sexuelles au sein de l'Église catholique a énuméré 45 propositions dans plusieurs domaines : écoute des victimes, prévention, formation des prêtres et des religieux, transformation de la gouvernance de l'Eglise.

"Les soins sont souvent chers"

La commission appelle également à une indemnisation des victimes. Et elle est catégorique. Cette indemnisation est incontournable pour les victimes. Qu'elle ait une portée symbolique, ou qu'elle soit au contraire une aide matérielle:

"C'est vrai que les soins sont souvent extrêmement chers pour des victimes souvent en marge de la société et du fait de ce qui leur est arrivé, n'ont pas une vie normale", explique à RMC Alexandre Dussot-Hezez co-fondateur de l'association "La parole libérée".

L'Eglise assure ne pas avoir d'argent

Mais avec quel argent indemniser ? Pour la commission, comme pour les associations de victimes, il n'est pas sérieux d'envisager un appel aux dons des fidèles. C'est à l'Eglise de réparer: "C'est l'Eglise qui doit trouver l'argent quitte à ce qu'une partie de son patrimoine soit dédié à ça", appelle Alexandre Dussot-Hezez.

Pas si simple, lui répond Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, le président de la conférence des évêques de France qui assure ne pas savoir où trouver les fonds pour indemniser: "Il y a beaucoup de fantasmes sur les richesses de l'Eglise qui sont toujours des dons des fidèles. Et ces réserves servent à payer des salaires". Il assure ne pas savoir comment l'Eglise pourrait concrètement envisager d'indemniser autant de victimes. 

Marie Régnier (avec Guillaume Dussourt)