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Affaire Adama Traoré: pourquoi la famille refuse d'être reçue au ministère de la Justice

Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille Traoré, affirme avoir été contacté par le cabinet de la garde des Sceaux. Une rencontre refusée afin de "respecter la séparation des pouvoirs".

Les proches de la famille d'Adama Traoré, décédé en 2016 lors de son interpellation, ont déclaré avoir été contactés lundi par le cabinet de la ministre de la Justice Nicole Belloubet "pour échanger" mais ont refusé de la rencontrer.

Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille Traoré, affirme avoir été contacté par le cabinet de la garde des Sceaux pour "organiser une rencontre entre le garde des Sceaux et la famille d'Adama Traoré", indique le comité "La Vérité pour Adama" sur sa page Facebook. 

Invitation refusée, ont-ils communiqué quelques heures plus tard sur les réseaux sociaux. "Je vous demande de respecter la séparation des pouvoirs. La loi interdit à la garde des Sceaux d'intervenir dans des affaires individuelles", a réagi lundi sur Twitter l'avocat de la famille Traoré, Yassine Bouzrou.

​​​​​​​"La famille d'Adama Traoré rappelle qu'elle attend des avancées judiciaires et non des invitations à la discussion qui n'auraient aucune finalité procédurale", précise le communiqué.

Le président de la République a demandé à la garde des Sceaux de se pencher sur le dossier du décès en 2016 d'Adama Traoré, un jeune noir de 24 ans, lors d'une arrestation.

Colère des syndicats de la magistrature

Lundi, le parquet de Paris a confirmé que deux nouveaux témoins allaient être entendus au mois de juillet par les juges d'instruction. Ils n'ont encore jamais été auditionnés jusqu'ici.

"Comment répondre à un dysfonctionnement systémique (le traitement judiciaire des violences commises par les forces de l'ordre) par un dysfonctionnement institutionnel (intervention de la ministre dans une affaire individuelle) tout en ne traitant qu'un cas particulier", s'est indigné le Syndicat de la magistrature.

L'Union syndicale des magistrats a déploré que le président de la République "oublie encore une fois le principe de séparation des pouvoirs" et "récidive en sollicitant une intervention directe de la ministre de la Justice". "Comme il avait déjà pu le faire dans l'affaire Halimi, par exemple, il sort de son rôle institutionnel qui est de garantir l'indépendance de la Justice et non de se mêler du traitement d'un dossier particulier", regrette l'USM dans un communiqué. 

La rédaction de RMC (avec AFP)