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Affaire des écoutes: Nicolas Sarkozy de retour devant la justice

L'ancien président de la République est de nouveau jugé en appel pour l'affaire des "écoutes", où Nicolas Sarkozy est accusé d'avoir cherché à promettre un piston à un juge.

Le retour de l’affaire Bismuth devant le tribunal. Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et l’ancien haut-magistrat Gilbert Azibert sont rejugés en appel à partir de cet après-midi. C'est la fameuse affaire dite des "écoutes". Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir cherché à soudoyer le juge Azibert en lui promettant un piston pour un poste à Monaco. En première instance, l’ancien chef de l’Etat avait été condamné à 3 ans de prison, dont 1 an ferme après avoir été reconnu coupable de "corruption" et "trafic d’influence".

Pendant deux semaines, la cour d’appel de Paris va donc rejuger cette affaire, une première sous la Ve République. De son côté, Nicolas Sarkozy clame toujours son innocence. La défense évoque un dossier vide, un "désert de preuve".

"Pacte de corruption"

En première instance, il y a tout juste deux ans, l’ancien Président s’était vigoureusement défendu, n'hésitant pas à rejouer à la barre certaines écoutes que le tribunal n’avait pas réussi à diffuser à l’audience.

Ces fameux enregistrements sur une ligne clandestine au nom de Paul Bismuth, le socle du dossier, les preuves d'un "pacte de corruption", estime le parquet national financier évoquant la promesse d’un coup de pouce pour la carrière de Gilbert Azibert, en échange d’indiscrétions sur une procédure en cours.

10 ans de prison

Même si rien n’a été concrétisé au final, la simple proposition d’une contrepartie est condamnable, selon la Loi et Nicolas Sarkozy encoure théoriquement 10 ans de prison.

Pour rappel, l'affaire trouve son origine dans des conversations téléphoniques interceptées dans le cadre de l'enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Après avoir placé sur écoute l'ancien président en septembre 2013 les policiers avaient découvert que Nicolas Sarkozy utilisait un téléphone secret, ouvert en janvier 2014 sous l'identité de "Paul Bismuth", pour communiquer avec son avocat.

Guillaume Biet (édité par J.A.)