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Affaire Fillon: "hier on nous accusait d’être des lâches, aujourd’hui on nous soutient", dénonce un magistrat

Le premier président, Bertrand Louvel, et le procureur général de la Cour de cassation, Jean-Claude Marin, ont dénoncé l’atmosphère survoltée qui s’est emparée de la campagne présidentielle, faisant référence aux déclarations du gouvernement et de certains candidats.

La justice est indépendante. C’est ce que le premier président Bertrand Louvel et le procureur général de la Cour de cassation Jean-Claude Marin ont souhaité rappeler mercredi dans un communiqué commun. Ils dénoncent "une atmosphère survoltée qui se développe dans le milieu politique depuis quelques jours autour du travail de la justice". Pour Denis Salas, magistrat et essayiste, les deux hommes souhaitent, à travers ce communiqué, réaffirmer la liberté d'action de la justice. 

"Il y a un message implicite. Il y a quelques temps, le président de la République, dans ce fameux livre de confession écrit par les deux journalistes du Monde, (Un président ne devrait pas dire ça... ed. Stock ndlr) avait accusé les magistrats de la Cour de cassation de lâcheté".

Pour le magistrat, le message est clair. Les hauts magistrats se protègent des accusions venant du gouvernement comme des candidats à la présidentielle. "Quand j’entends qu’ils disent qu’ils n’ont pas besoin ni d’accusation ni de soutien, cela veut dire: ‘hier on nous accusait d’être des lâches et aujourd’hui on nous soutient parce que la justice est dans le collimateur des politiques’. Ça suffit, on est indépendant. On n’a besoin ni d’un excès d’accusation, ni d’un excès de soutien. Il y a une double prudence qui est faite de la part des hauts magistrats et une sorte d’irritation pour ce double langage".

Bourdin Direct avec A.B.