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Agression d'Yvan Colonna: des affrontements entre jeunes et forces de police à Bastia et Ajaccio

Depuis l'agression d'Yvan Colonna la semaine dernière, dans la prison d'Arles, la Corse est en proie à des manifestations violentes, portées par la jeunesse, qui n'hésite pas à aller à l'affrontement avec les forces de l'ordre.

Nouvelle journée de tension en Corse ce mardi, une semaine après la tentative d'assassinat sur l'indépendantiste Yvan Colonna à la prison d'Arles. Après des heurts en marge d'une manifestation à Corte, en Haute-Corse, ce dimanche, et de nombreux mouvements sociaux sur toute l'île en début de semaine, ce sont les villes d'Ajaccio et de Bastia qui ont connu des débordements violents. 

Devant les préfectures, les bouteilles en verre, les cailloux, pleuvent sur les forces de l'ordre.

“Il y a eu mardi des affrontements qui ont eu lieu avec une jeune population, des collégiens et des lycéens. Des affrontements qui ont été assez violents avec des jets de projectiles, des tirs de mortiers, ou encore des cocktails Molotov. On s’attend à des jours à venir encore extrêmement tendu”, indique Grégory Joron, secrétaire général d'Unité SGP Police.

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Une jeunesse frustrée

Des manifestations qui se multiplient à travers la Corse, majoritairement organisées et composées de jeunes étudiants. Pour Jean-Louis Fabiani, sociologue spécialiste de la Corse, la tentative d'assassinat d'Yvan Colonna n'est pas l'unique moteur de mobilisation.

“C’est l'allumette qui met le feu à quelque chose qui couvait. C’est une jeunesse qui ne se reconnaît pas dans le traitement que le gouvernement fait de la Corse, mais qui est aussi frustrée que les nationalistes aient gagné le pouvoir depuis 2015. Malgré ce changement, la Corse est une zone de vie chère. Les jeunes ont l’impression d’avoir l’horizon bouché”, affirme-t-il.

Si cette jeunesse ne formule pas de réelles revendications, une décision pourrait apaiser les tensions, le rapatriement des détenus corses sur l’île. Sur le continent, dans les prisons, il resterait huit détenus, considérés comme des prisonniers politiques par les indépendantiste. Mardi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la levée du statut de "détenu particulièrement signalé" du berger corse. Un statut qui empêchait le nationaliste d'être rapatrié en Corse.

Maxime Levy avec Guillaume Descours