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Agression mortelle dans une rixe à Thiais: ce que l'on sait

On en sait un peu plus sur les circonstances de l'agression de deux adolescents ce lundi à Thiais (illustration)

On en sait un peu plus sur les circonstances de l'agression de deux adolescents ce lundi à Thiais (illustration) - Geoffroy Van der Hasselt / AFP

Le procureur de la République de Créteil (Val-de-Marne), Stéphane Hardouin, a tenu une conférence de presse ce lundi, après l'agression de deux adolescents 16 ans, dont un est décédé, à Thiais dans la matinée. Ils seraient tombés dans un guet-apens, selon les premiers éléments.

Deux adolescents âgés de 16 ans ont été agressés à proximité de leur établissement scolaire, le lycée Guillaume Apollinaire de Thiais (Val-de-Marne), ce lundi peu avant 8h. L'un est décédé à la suite de ses blessures et le second a été transporté dans un état grave à l'hôpital Henri-Mondor, à Paris.

Les faits

Il s'agirait d'un groupe de six à dix personnes qui s'en serait pris aux deux jeunes, a expliqué le procureur de la République de Créteil, Stéphane Hardouin, dans une conférence de presse, ce lundi après-midi.

"Les premières constatations des témoins directs mettent en évidence que le groupe des agresseurs était en situation de guet et attendait à l’angle de la rue. Toujours selon les témoins, ils auraient poursuivi les victimes sur quelques dizaines de mètres. L’un d’entre eux aurait fait usage alors d’une arme blanche", explique Stéphane Hardouin.

Sur les lieux du crime, plusieurs objets pouvant constituer des armes ont été découverts par les forces de l'ordre. Il s'agit de deux gazeuses, un club de golf cassé et un morceau de bois.

Le procureur de la République précise que 300 mètres plus loin, "un couteau a été retrouvé par la police municipale de Thiais, sans qu’il soit établi, pour l’heure, un lien certain avec l’agression".

Les victimes

D'après les premières constatations, il ressort que le lycéen décédé, originaire du quartier de Grignon à Thiais, présentait une plaie proche du coeur, "ainsi qu’une blessure au niveau de la main pouvant s’apparenter à ce que l’on appelle une blessure de défense", précise le procureur. Une autopsie sera pratiquée mardi matin.

"La seconde victime originaire du même quartier présentait elle la trace d’une blessure susceptible d’avoir été causée par une arme blanche également, au niveau de la cuisse. Sous toutes les réserves de prudence qui s’imposent, son pronostic vital n’est pas engagé à l’heure actuelle et son état ne permet pas de procéder à son audition", explique Stéphane Hardouin.

Les deux adolescents victimes de cette agression sont inconnus de la justice.

Les suspects

Plusieurs suspects ont pu être identifiés et l'un d'eux a été interpellé "à son domicile de Choisy-le-Roi vers 10h10 et a été placé en garde à vue". Il est connu de la justice pour une série de faits de violences aggravées et de participation à un attroupement armé, commis en mai 2021 alors qu’il était âgé de 15 ans. Il était sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre à Orly et à Thiais, sauf pour les besoins de sa scolarisation.

"Le mis en cause avait lui-même porté plainte pour des violences commises le 16 décembre 2022, dans le cadre d’une rixe, rue du pavé de Grignon à Thiais", souligne le procureur. Le ou les auteurs n’ont pas été identifiés.

L'enquête

Une enquête pour "homicide volontaire commis en bande organisée" et "tentative d’homicide volontaire commis en bande organisée" a été ouverte. Pour le moment, l'hypothèse porte sur des faits commis dans le cadre d’un "phénomène de bande" opposant des jeunes issus de quartiers différents.

D'après Stéphane Hardouin, la police est intervenue vendredi soir pour une quinzaine d’individus dont certains porteurs de couteaux ou de marteaux, qui se dirigeaient depuis Thiais village vers Choisy-le-Roi.

"Quatre d’entre eux, un majeur et trois mineurs, ont été déférés dimanche pour des faits de participation avec arme à un attroupement", explique-t-il.

En revanche, aucun lien entre ces deux affaires n'est établi avec certitude d'autant plus que les noms des mis en cause et des victimes d’aujourd’hui n’apparaissent pas dans cette précédente affaire.

Astrid Bergere