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Alexandre Benalla en prison: "La justice sous pression n'est pas une bonne justice" s'agace son avocate

Alors qu'ils n'avaient pas le droit d'entrer en contact, Alexandre Benalla et Vincent Craze se sont rencontrés fin juillet selon des révélations de Médiapart. Ils ont été placés en détention provisoire mardi.

L’ancien collaborateur de l’Élysée, Alexandre Benalla et Vincent Craze, ont passé leur première nuit en prison. L'un à la prison de la Santé, à Paris, le second à 30km de là, à Bois-d'Arcy dans les Yvelines.

Les deux hommes ont été placés en détention provisoire mardi. Et c'est pas vraiment une surprise: on leurs reproche notamment d’être entrés en contact alors qu’ils n'en avait pas le droit depuis le 22 juillet dernier, date de leur mise en examen pour les violences commises en marge des manifestations du 1er mai.

Or, Alexandre Benalla et Vincent Crase se sont bien rencontrés 4 jours plus tard, comme en attestent des enregistrements audio révélés par Médiapart. On y entend notamment les deux hommes parler de faire le ménage dans leurs affaires, nettoyer le siège du parti de La République en Marche et dissimuler un contrat de sécurité signé avec milliardaire russe proche de Poutine. 

Leurs avocats ont immédiatement fait appel. Le conseil d'Alexandre Benalla dénonce une justice sous pression. Maitre Lafont conteste la légalité de ces enregistrements qui ne sont ni des écoutes judiciaires ni des écoutes administratives. Elle a interjeté appel et déposé un référé-liberté. Pour obtenir la sortie de prison de son client dans les trois jours. 

"La justice sous pression n’est jamais une bonne justice. La pression était énorme. Je suis en colère parce qu’Alexandre Benalla n’a rien à faire en prison. On l’incarcère pour une prétendue concertation qui aurait eu lieu il y a sept mois. Tout cela est ridicule et je dis qu’effectivement la justice sous pression n’est pas une bonne justice et nous sommes dans une justice qui va mal. Je trouve ça profondément injuste", a déclaré l’avocate. 

Benalla poursuivi pour parjure? 

Et puis l’affaire n’est pas finie puisque la commission d’enquête du Sénat rend son rapport ce mercredi en fin de matinée. Après 7 mois d'enquêtes en tout, 34 auditions, dont celles des ministres de l'Intérieur Gérard Collomb et Christophe Castaner, ou encore du secrétaire général de l'Elysée, la commission des lois du sénat a pu constater des dysfonctionnements au cœur de l'éxecutif et va présenter 13 préconisations pour mieux garantir la sécurité du chef de l'Etat. 

Les sénateurs pourraient demander l’ouverture d’une nouvelle enquête et saisir la justice pour parjure contre Alexandre Benalla. L'ancien chargé de mission a en effet été convoqué à deux reprises devant la commission des lois. Et d'après les élus, il a multiplié les mensonges alors qu'il était sous serment. 

Sur ses passeports diplomatiques d'abord. Mais aussi sur ses liens avec l'oligarque russe Iskander Makhmoudov. "Je ne l'ai jamais rencontré", avait affirmé Alexandre Benalla. Pourtant, un chef d'entreprise français affirme que le jeune homme de 27 ans a directement négocié avec l'homme d'affaires russe. 

Enfin, si le bureau des sénateurs décide de saisir le parquet de Paris pour "faux témoignage", ce sera la cinquième enquête judiciaire qui vise directement ou indirectement Alexandre Benalla: après les violences du premier mai, l’enquête sur l’utilisation des passeports diplomatiques, celle sur les enregistrements dévoilés par Mediapart et l'enquête pour corruption du parquet national financier sur le contrat russe. 

Marion Dubreuil avec Guillaume Descours