RMC

Alliance, un des principaux syndicats policiers, refuse de participer au "Beauvau de la sécurité"

En pleine polémique sur les "violences policières", Emmanuel Macron avait décidé de la tenue à partir dès janvier de cette concertation.

Le syndicat Alliance, majoritaire chez les gardiens de la paix, a écrit lundi au président de la République pour lui signifier son refus de participer au "Beauvau de la sécurité", concertation sur la police annoncée par Emmanuel Macron pour janvier 2021.

"Un énième séminaire sans mesure concrète au préalable serait jugé indécent", écrit dans ce courrier transmis mardi à l'AFP, Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat, en listant une série de demandes.

En pleine polémique sur les "violences policières", Emmanuel Macron avait annoncé le 8 décembre la tenue à partir de janvier d'un "Beauvau de la sécurité" afin d'"améliorer les conditions d'exercice" des forces de l'ordre et "consolider" leurs liens avec les Français. Posant ses conditions, le syndicat Alliance réclame notamment, en préalable, une "peine minimale incompressible pour les agresseurs de policiers", le "floutage" des policiers filmés et des "mesures sociales" dont la gratuité des transports. 

"Vos propos sur les policiers sous-entendant que nos collègues seraient racistes ou violents, ont suscité un vif émoi, une colère jamais atteinte", ajoute le syndicat, en référence aux déclarations du chef de l'Etat au média en ligne Brut le 4 décembre sur l'existence de contrôles au faciès. "Nous vous informons donc, qu'à l'heure où je vous écris, nous ne participerons pas au 'Beauvau de la Sécurité' car les conditions pour y travailler sereinement ne sont pas réunies", écrit le secrétaire général d'Alliance.

Depuis l'interview à Brut d'Emmanuel Macron, des rassemblements de policiers ont eu lieu dans plusieurs villes de France. Lundi soir, une centaine de policiers se sont rassemblés devant l'Arc de Triomphe à Paris. Plus tôt lundi matin, 130 policiers grenoblois avaient déposé en préfecture des demandes de rupture conventionnelles pour protester contre le "lâchage" présidentiel de la police. Les syndicats de police doivent être reçus vendredi par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

La rédaction de RMC (avec AFP)