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Attentat de Nice: "Je veux que le Fonds de garantie nous reconnaisse comme des victimes civiles de guerre"

Le 14 juillet, alors que 30.000 personnes se trouvaient sur la Promenade des Anglais à Nice, un camion a frappé la foule

Le 14 juillet, alors que 30.000 personnes se trouvaient sur la Promenade des Anglais à Nice, un camion a frappé la foule - AFP

François Hollande a annoncé lundi, lors de la cérémonie d'hommage aux victimes du terrorisme, une réforme du système d'indemnisation, indiquant que les ressources du Fonds de garantie seraient "revues" et que l'Etat "s'en porterait garant dans la durée". Il faut dire que pour l'attentat de Nice, ce sujet demeure sensible.

réagitFace à la polémique naissante, François Hollande fait des annonces. Ce lundi, lors de la cérémonie d'hommage aux victimes du terrorisme, le chef de l'Etat a annoncé une réforme d'indemnisation des victimes. "Je l'annonce ici, le fonctionnement et les règles du Fonds de garantie (des victimes des actes de terrorisme, FGTI, ndlr) seront réformées", a déclaré le chef de l'Etat. Une annonce faite alors ces dernières semaines, des critiques sont apparues sur l'indemnisation des victimes du 14 juillet.

350 millions d'euros déboursés

Ce soir-là, sur la Promenade des Anglais, à Nice, 30.000 personnes étaient présentes. Dans ce cas, seront indemnisés, au-delà des victimes, les proches de victimes et les blessés. Au total, le Fonds de garantie devrait débourser 350 millions d'euros mais il a dû définir un périmètre dans lequel les témoins de l'attaque pourront faire une demande d'indemnisation. Plus précisément, ces témoins seront indemnisés rapidement s'ils se trouvaient sur la trajectoire du camion, sur les deux kilomètres de trottoir et de route qu'il a emprunté.

Pour les autres personnes présentes sur la Promenade, elles devront apporter la preuve qu'elles ont été profondément choquées. C'est le cas de Vincent, serveur dans un restaurant, qui a aidé des blessés le soir du 14 juillet. "On demande la prise en compte, par le Fonds de garantie des hommes et des femmes qui ne sont pas partis et se sont sentis de rester pour venir porter secours aux blessés et couvrir les morts qu'il y avait", indique-t-il sur RMC.

"C'était une scène de guerre"

"Ces gens doivent être pris en compte, insiste-t-il. Pour certains, ils sont aujourd'hui en fracture sociale, avec des soucis financiers et de santé qu'ils n'avaient pas avant. On doit donc s'arrêter sur leur cas. Personnellement, je suis en souffrance. Je suis en soins. Je suis en accident du travail jusqu'au 5 décembre et je ne sais pas comment va être ma vie dans les prochains mois. Je suis psychologiquement très affaibli, j'ai des pathologies qui apparaissent. On a vécu des choses ce soir-là qui n'étaient pas une scène d'accident. C'était une scène de barbarie, une scène de guerre. Je veux donc que le Fonds de garantie nous reconnaisse comme des victimes civiles de guerre pour peut-être avoir des indemnisations et pouvoir recommencer des vies ailleurs".

"C'est grâce à eux (le Fonds de garantie, ndlr) que nous allons pouvoir recommencer, s'ils nous prennent en compte, estime encore Vincent. Autrement, nous allons tous avoir de gros soucis et le tourbillon ne va pas s'arrêter". Comme lui, tous les témoins hors du périmètre défini par le Fonds de garantie vont devoir aller porter plainte contre X et être entendus par la police. Ensuite, ils devront être patients, comme l'explique Stéphane Gicquel de la Fédération nationale des victimes d'attentat: "Aujourd'hui, à Nice, il y a une liste d'attente qui va jusqu'à la fin du mois d'octobre".

M.R avec A. Perrin et C. Martelet