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Attentats de Paris: les rapports d'autopsie n'ont toujours pas été versés au dossier d'instruction

INFO RMC – Six mois jour pour jour après les attentats qui ont fait 130 morts, les familles et proches des défunts n'ont donc toujours pas accès à ces documents via leurs avocats. Un retard qui provoque l'incompréhension et parfois la colère de certains proches des victimes décédées.

Selon nos informations, six mois jour pour jour après les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts, les rapports d'autopsie des victimes n'ont toujours pas été versés au dossier d'instruction. Pourtant, ces autopsies ont toutes été pratiquées dès le 19 novembre, d'après les déclarations du procureur de Paris, François Molins, en décembre dernier. Mais une fois ces autopsies réalisées, il faut encore les retranscrire. Et c'est là que ça coince car jamais l'Institut Médico-Légal de Paris n'avait été confronté à autant de victimes dans des circonstances aussi exceptionnelles. Un retard qui provoque l'incompréhension et parfois la colère de certains proches des victimes décédées.

"C'est important pour moi"

C'est le cas de Georges Salines qui aimerait avoir accès au rapport d'autopsie de sa Lola, sa fille morte au Bataclan. Un document indispensable pour en savoir plus sur ses derniers instants: "Savoir si elle n'a pas souffert, si elle n'a pas eu le temps d'avoir peur…" Mais il dispose déjà de certaines pistes: "Les éléments que j'ai tendent à montrer que les blessures reçues étaient d'emblée fatales et qu'elle n'est pas morte d'hémorragie. Et c'est important pour moi".

C'est important aussi pour Jean-Michel Minvielle, le père de Yannick décédé dans l'attaque du Bataclan peu avant de fêter ses 40 ans. Il aurait été l'un des premiers à être tombé sous les balles des terroristes mais aujourd'hui son père veut accéder au rapport d'autopsie de son fils pour avoir des certitudes. "Je veux savoir comment il est mort, s'il a souffert, s'il est mort sur le coup, dans quelles circonstances…. Et pour l'instant, je n'ai pas ces réponses-là", se désole-t-il.

Savoir pour "être un peu plus apaisé"

"Yannick était avec sa copine qui, elle, par chance, s'en est sortie et a pu nous donner quelques explications sur ses derniers moments, indique-t-il encore. Mais elle est dans un tel état de choc que c'est assez confus. Je voudrais donc avoir une version officielle de ce qu'il s'est exactement passé pour être un peu plus apaisé si tant est que l'on puisse l'être". Du côté judiciaire, pour justifier ce retard, on répond aux avocats des parties civiles que tant que tous les procès-verbaux d'autopsie ne seront pas finalisés, ils ne seront pas versés au dossier.

Insuffisant pour Stéphane Gicquel, porte-parole de la Fédération nationale des victimes d'attentats. "On nous explique que l'on veut bien faire les choses. Si l'intention est louable, des questions se posent: Y a-t-il eu assez de secrétaires pour taper les rapports? Y a-t-il un problème de logistique? Pourquoi ce retard?", interroge-t-il. Et d'attendre "de la pédagogie" dans les réponses. Des réponses que les familles espèrent enfin obtenir lorsqu'elles seront reçues, fin mai, par les juges d'instruction.

Maxime Ricard avec Marion Dubreuil