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Attentats du 13-Novembre: le témoignage stupéfiant du commissaire de la BAC entré en premier au Bataclan

LE PORTRAIT DE POINCA - Anonyme, le commissaire de la BAC entré en premier au Bataclan le 13 novembre a raconté mercredi les quelques minutes d'horreur qu'il a vécu, pensant que c'était les dernières de sa vie.

Le commissaire qui est entré le premier au Bataclan le 13 novembre 2015 à Paris a témoigné mercredi au procès des attentats. Et il a témoigné anonymement. On ne connaît pas son nom, ni son âge, on n’a jamais vu de photo de lui. On sait simplement qu’il était commissaire divisionnaire, adjoint au patron de la BAC N 75 ce 13 novembre 2015 et qu’avec son brigadier-chauffeur, ils sont arrivés au Bataclan à 21h47 alors que la fusillade était en cours dans la salle de concert.

Mercredi, il a raconté devant la cours d’Assises:

"On se retrouve devant une porte battante, l’entrée de la salle avec une seule certitude : il y a derrière des terroristes qui massacrent des innocents et qui nous attendent avec des armes de guerre, alors que nous n’avons que nos pistolets de service. Je dis au policier qui m’accompagne: il faut qu’on y aille."

Scène d'horreur

Dans la salle, des corps, des corps, un tapis de corps enchevêtrés. “Aucun mot ne peut décrire ce qu’on a vu.”

Puis il aperçoit sur la scène un des assaillants qui tient un otage en vue. Le commissaire hurle: "Couche-toi au sol". Le terroriste avance. Les deux policiers lui tirent dessus. Six fois, “comme dans un stand de tir”. Le kamikaze fait exploser sa ceinture. Il retombe une "pluie de confettis" de chair humaine.

Sous le feu des deux autres terroristes, les deux policiers vont sortir de la salle trois fois, et y retourner trois fois. Le commissaire prend six secondes pour appeler sa femme et lui dire adieu. Il n’attend pas sa réponse…

L’intervention de ces deux policiers a mis un terme au massacre

Grace à eux, plus personne n’est mort dans la salle de concert. Ils ont ensuite reçu le renfort de trois de leurs hommes de la BAC puis sont arrivés ceux de la BRI. Ils ont participé à l’évacuation des blessés. Et le commissaire a retrouvé sous un corps, un garçon de 5 ans vivant.

Mercredi, à la fin de son récit un avocat de la partie civile est intervenu pour dire. Les parents de cet enfant sont présents dans la salle et tiennent à vous dire leur reconnaissance. Le président de la cour d’Assises a demandé au commissaire s’il arrivait à vivre comme avant. Il a répondu sobrement: "On reste marqué à vie…"

Nicolas Poincaré (avec J.A.)