RMC

"On connaît notre devoir, secourir les gens, quel que soit le risque": le récit du premier policier à être entré dans le Bataclan le 13-Novembre

Sans équipement, seulement armé d'un pistolet et avec son coéquipier, il est rentré le premier dans le Bataclan et a tué un terroriste sous un feu nourri de kalashnikov.

Dixième jour du procès des attentats du 13 novembre 2015, mercredi. La cour d'assises spéciale de Paris est revenue sur les interventions policières lors de la prise d'otage du Bataclan.

La fin d'après-midi était consacrée à l'assaut de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) raconté par leur chef, le commissaire Christophe Molmy.

>> A LIRE AUSSI - "Nous comprenons alors que nous faisons face à l'attaque que nous redoutions": Manuel Valls raconte la nuit des attentats du 13 novembre 2015

Cheveux gris, costard impeccable, et une modestie à toute épreuve. Chaque intervenant commence par dire au commissaire à quel point son geste est héroïque. Chaque fois, le policier hésite et répond sobrement, “on connaît notre devoir, secourir les gens, quel que soit le risque”.

Un terroriste abattu

Et le risque est grand ce soir du 13 novembre 2015. “On a passé les portes en sachant que peut-être jamais nous ne les passerions dans l’autre sens”. À l'intérieur, au milieu des cadavres et du sang, il voit la scène, où l’un des terroristes fait s’agenouiller un otage. Il va l’abattre. Le commissaire s’avance, prend appui sur une rambarde et tire quatre fois, son coéquipier deux “comme à l'entraînement", explique-t-il.

Le terroriste est touché et l’otage parvient à s’enfuir. Le commissaire et son coéquipier lui ont sauvé la vie comme à bien d'autres. Leur intervention a fait cesser les exécutions. Aujourd’hui, ce commissaire a la Légion d'honneur et il explique qu’il n'aspire qu’à “essayer de revivre comme avant”.

Maxime Brandstaetter avec Guillaume Descours