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Bastien Vivès visé par une plainte pour diffusion d'images pédopornographiques

INFO RMC. L’association Innocence en danger (IED) dépose plainte contre Bastien Vivès et ses éditeurs Glénat et les Requins Marteaux pour diffusion d’images pédopornographiques.

L’association de protection de l’enfance Innocence en danger (IED) a adressé une plainte à la procureure de la république de Paris contre Bastien Vivès, l’auteur controversé, pour ses BD pornographiques mettant en scène des personnages mineurs, ainsi que ses éditeurs les Requins Marteaux et Glénat. Dans cette plainte en date du 19 décembre que RMC a pu consulter, IED cible trois délits: diffusion d’images pédopornographiques, incitation à la commission d’agressions sexuelles sur mineurs et diffusion à un mineur de messages violents.

L’association Innocence en danger (IED) vise trois ouvrages de Bastien Vivès dans sa plainte en date du 19 décembre que RMC a pu consulter: La décharge mentale paru en février 2018 et Les melons de la colère paru en janvier 2011 dans la collection BD CUL aux éditions Requins Marteaux ainsi que Petit Paul paru en septembre 2018 aux éditions Glenat dans la collection Porn pop.

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Pour IED "ces planches montrent bien des mineurs abusés ou exhibant leur intimité"

La décharge mentale met en scène une famille incestueuse lors d’un repas avec le père la mère et leurs 3 filles âgées de 18, 15 et 10 ans, la dernière sera notamment "éclaboussée par le sperme de son père". La bande dessinée Petit Paul met en scène un enfant de 10 ans "doté d’un sexe de taille conséquente", précise la plainte, "cet enfant est violé par son institutrice, sa sœur et sa prof de judo. C’est ce même enfant que l’ont retrouve dans Les melons de la colère violé par sa sœur Magali qui lui impose une fellation". Pour IED "ces planches montrent bien des mineurs abusés ou exhibant leur intimité", il s’agit donc de représentations pédopornographiques qui tombent sous le coup de la loi et sont passibles de 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende.

IED estime que ces trois bandes dessinées par leur banalisation des abus sexuels sur mineurs sont également "une provocation à la commission d’abus sexuels sur mineurs pour des personnes fragiles qui pourraient penser que de telles relations sont la norme", un délit passible de 5 ans de prison et 45.000 euros d’amende. L’association s’appuie sur les déclarations de Bastien Vivès pour montrer "qu’il banalise des crimes et délits de nature sexuel commis sur des enfants" et notamment sur le site Madmoizelle en 2017 : "Moi l’inceste ça m’excite à mort (…) vu que je peux pas faire d’inceste dans la vraie vie et que je n’ai pas de grande sœur pour pouvoir faire ça je fais ça dans mes livres". L’association ajoutent que les éditions Glenat et requins marteaux en éditant et en diffusant de tels ouvrages participent de la "banalisation de comportement d’abus sexuels sur jeunes mineurs et à la propagation de la banalisation de l’inceste".

Il avait assuré : "Je condamne la pédocriminalité, ainsi que son apologie et sa banalisation."

Quant au délit de diffusion à un mineur de messages violents, passible de 3 ans de prison et 75.000 euros d’amende également visé par l’association, le plainte rappelle que de "2018 au 16 décembre 2022, les bandes dessinées La décharge mentale et Petit Paul étaient accessibles aux mineurs sur le site Calameo" c’est toujours le cas, assure IED, des Melons de la colère. Au-delà de cette accessibilité en ligne, l’association cite le dessinateur qui admet dans une interview accordée au HuffPost : "comme je le dis souvent les BD pornos ce sont les adultes qui les achètent et les enfants qui les lisent".

Le festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) avait annoncé mercredi 14 décembre, l’annulation de l’exposition consacrée à Bastien Vivès après les "menaces" reçues par l’auteur. Dans un communiqué la direction du festival avait estimé que "l’œuvre de Bastien Vivès dans son ensemble relève de la liberté d’expression et qu’il revient à la loi de tracer les frontières dans ce domaine et à la justice de les faire respecter". Le parquet de Paris destinataire de cette plainte d’innocence en danger a l’opportunité des poursuites.

Le 15 décembre, au lendemain de sa déprogrammation du FIBD, Bastien Vivès s’était exprimé sur Instagram. Il avait assuré : "Je condamne la pédocriminalité, ainsi que son apologie et sa banalisation." Il avait également rappelé que ses "quatre livres dits 'pornographiques' sont vendus en librairie sous blister, avec un avertissement et une interdiction aux moins de 18 ans."

Il invoquait un "genre burlesque humoristique (…) On dit parfois de moi que je suis sans filtre, mais à aucun moment je n'ai voulu blesser des victimes de crimes et abus sexuels. Et je tiens évidemment, si mes propos ont pu heurter ces personnes, à leur présenter mes plus sincères excuses."

Marion Dubreuil et le service police-justice (édité par J.A.)