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Bonbonnes de Notre-Dame: les personnalités des accusées étudiées pour l'ouverture du procès

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Selon les enquêtes de personnalités, les accusées ont toutes eu des parcours de vie assez compliqués. Trois encourent la prison à perpétuité.

Le procès de la tentative d’attentat à la voiture piégée près de Notre-Dame de Paris s'est ouvert lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris. Dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 septembre 2016, deux femmes abandonnent une voiture chargée de six bonbonnes de gaz près de la cathédrale. 

Leur objectif, faire exploser les terrasses avoisinantes. Seul un mauvais choix de carburant fait capoter l'attaque. Inès Madani et Ornella Gilligmann sont interpellées quelques jours plus tard. Elles comparaissent pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteintes aux personnes et tentative d'assassinat en bande organisée, en relation avec une entreprise terroriste. À leurs côtés, 3 autres femmes soupçonnées d'avoir fomenté une deuxième attaque dans les jours qui ont suivi. Au total, 4 encourent la prison à perpétuité. Une autre risque 30 ans.

"Mal-être", et "malaise" sont les mots qui reviennent systématiquement dans la bouche des enquêteurs de personnalité. Inès, 22 ans la plus jeune, "ne s’est jamais acceptée" dit sa mère qui lui reproche son surpoids, "elle est intelligente mais influençable", têtue aussi, elle qui est considérée comme le cerveau de l'attentat raté. 

Des accusées "déracinées"

Sa partenaire Ornella, 32 ans, est agitée dans le box des accusés, regarde le sol parfois, comme si elle avait "honte de la complexité de son parcours de vie", comme elle l’a dit à l’enquêtrice. Père absent, relation avec la mère fusionnelle, désintérêt pour les études puis petite délinquance, cette mère de trois enfants se tourne vers la religion, à la recherche de "stabilité". Tout comme Sarah, convertie de 26 ans, les yeux cernés de noir. Elle n’a trouvé ni sa voie professionnelle, ni son identité. À la recherche d’un père biologique absent et d’un père adoptif désintéressé. Son avocat parle de "déracinement", point commun de ces trois accusées.

Inès Madani avait déjà été condamnée en avril dernier à huit ans de prison pour son rôle de mentor auprès d'aspirants djihadistes. Le procès doit durer jusqu’au 11 octobre. 

Gwladys Laffitte avec Guillaume Descours