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"C'est très brutal": la soeur d'une victime de l'HyperCacher témoigne de la difficulté de suivre le procès des attentats

TEMOIGNAGE RMC - Annie-Laure Saada, soeur d'une victime du raid meurtrier d'Amédy Coulibaly à Paris en janvier 2015, explique ce mardi matin comment elle vit le procès des attentats.

La 4e semaine du procès des attentats de Janvier 2015 s'est ouverte lundi au Tribunal judiciaire de Paris. Une semaine en grande partie consacrée à la prise d'otages de l'Hypercacher de la porte de Vincennes à Paris.

Un enquêteur a détaillé à la barre minute par minute le parcours meurtrier d'Amédy Coulibaly, de son entrée dans le magasin jusqu'à sa mort dans l'assaut du Raid et de la BRI. Quatre victimes ont été assassinées en un quart d'heure par le terroriste ce jour-là.

Dans la salle d'audience, Annie-Laure Saada, la sœur de Michel Saada, 3e victime du terroriste, abattu alors qu'il faisait demi-tour à peine passée la porte du magasin.

"Mes enfants ont perdu très tôt leur insouciance"

Elle a vécu comme un choc ce récit très détaillé. Annie-Laure n'a pas voulu voir les images figées de vidéosurveillance de l'Hypercacher, projetées dans la salle. Le récit des faits cliniques énoncés par l'enquêteur à la barre étant déjà très dur à écouter pour elle.

"C'est très brutal car j'ai attendu longtemps pour me constituer partie civile. Je voulais retarder le plus possible le moment où j'allais apprendre ce que je suis en train d'apprendre. "

Cette semaine Annie-Laure viendra quand même chaque jour, elle espère des réponses à ses questions qui la hantent. Et veut expliquer cette tragédie à ses deux enfants, venus avec elle le premier jour.

"C'était un ange gardien pour nous trois. Mes enfants ont perdu très tôt leur insouciance. Ce qu'il s'est passé il y a cinq ans, ce qu'il se passe aujourd'hui, fait partie intrinsèque de leur histoire et de ce qu'ils sont aujourd'hui."

"Il faut qu'on sache exactement qui a fait quoi, et pourquoi"

Annie-Laure veut que ce procès soit utile pour la société, plus que pour elle-même.

"Je ne crois pas que ça nous aidera à nous reconstruire. Mais il faut que justice soit faite. Mais il faut qu'on sache exactement qui a fait quoi, et pourquoi."

Une fois le procès passé, sa reconstruction passera peut-être par un exil à l’étranger. Pourquoi pas au Canada.

Gwladys Laffite (avec J.A.)