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C'est un massacre silencieux: lancement en septembre d'un Grenelle des violences conjugales

Le premier "Grenelle des violences conjugales" aura lieu en septembre. C'est l'annonce de Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes dans le JDD ce dimanche. Dans le même temps, ce samedi se sont rassemblées près de 2.000 personnes pour lutter contre ces violences.

"L'occasion de tout mettre sur la table, sans tabou": tel est l’objectif affiché par Marlène Schiappa pour ce "Grenelle des violences conjugales".

Le but c'est de réunir tous les acteurs pour tenter d'"enrayer ce phénomène": ministres concernés, acteurs de terrain, services publics, associations, familles de victimes. Depuis le début de l'année, 74 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en France. Trois, rien que cette semaine.

Il sera organisé à Matignon et sera lancé le 3 septembre prochain soit, le 3-9-19, en référence au numéro 3919, le numéro d'écoute national destiné aux femmes victimes de violence. Il se conclura le 25 novembre.

Ce samedi, à Paris, 2.000 personnes se sont rassemblées pour lutter contre ces violences, selon les organisateurs. Un rassemblement à l'initiative d'un collectif de proches de victimes.

"On demande des mesures d’urgence, tout de suite, pour stopper ces massacres"

Les participants demandaient notamment au gouvernement d'en faire beaucoup plus qu'aujourd'hui. "Le machisme tue tous les jours": c'est ce qu'il y a écrit sur une grande pancarte derrière la scène, place de la République à Paris.

2.000 personnes venues dénoncer l'inaction du gouvernement face aux féminicides. Anne Cécile Mailfert, est la présidente de la Fondation des Femmes.

"C’est un massacre en France, un massacre silencieux, un massacre que personne ne veut voir. C’est pour ça qu’on en appelle à Monsieur Macron, c’est pour ça qu’on en appelle au Premier ministre. On demande des mesures d’urgence, tout de suite, pour stopper ces massacres. Il ne faut pas jouer à la communication politique ou aux petites mesurettes. Ce qu’on veut c’est sauver des vies. La responsabilité politique là, elle va permettre peut-être de sauver des vies avant la fin de l’année".

"Sa plainte a été classée sans suite et deux semaines après, elle a été tuée"

Notamment en accueillant mieux les femmes qui portent plainte. C'est ce qu'explique Annick dont la fille est décédée sous les coups de son mari il y a deux ans.

"Elle est allée porter plainte parce qu’il était rentré par effraction, sa plainte a été classée sans suite et deux semaines après, elle a été tuée. C’est le cas de ma fille mais aussi de la majorité des féminicides puisque ce sont des femmes qui ont été porter plainte, 2, 3 ou 4 fois mais qui n’ont pas été entendues et protégées".

Une thématique qui sera au cœur des discussions lors du grenelle de la rentrée.

Mahauld Becker-Granier (avec Caroline Petit)