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"C'était un viol surprise": le témoignage fort de 20 femmes accusant PPDA d'agression sexuelle

C'est une première depuis le début de l'affaire PPDA. Vingt femmes, dont dix-huit à visage découvert, ont décidé de témoigner ensemble suite à la plainte de Patrick Poivre d'Arvor, pour dénonciation calomnieuse contre 16 plaignantes qui l'accusent d'agression sexuelle.

C'était une parole attendue. Celle de 20 femmes qui accusent Patrick Poivre d'Arvor d'agressions sexuelles et de viols. Pour la première fois, 18 d'entre elles témoignaient à visage découvert sur Mediapart mardi soir. Elles n'avaient jamais été réunies auparavant. Toutes ont décidé de témoigner ensemble suite à la plainte de PPDA pour dénonciation calomnieuse contre 16 plaignantes.

Certaines s'exprimaient pour la première fois. Journalistes mais aussi autrices, commerciales, hôtesses d'accueil, communicantes, restauratrices, toutes racontent leur histoire avec PPDA, des histoires qui se ressemblent: elles étaient jeunes, parfois fragiles, parfois souffrant d'anorexie, impressionnées par la notoriété du présentateur.

"Il n'y pas eu de séduction"

Certaines ont été invitées à assister au journal de 20h puis dans le bureau de PPDA. C'est là que les agressions auraient eu lieu. D'autres ont été invitées directement dans sa chambre d'hôtel: "Il a fermé la porte à clef s'est mis nu comme un ver", dit l'une d'entre elles: "Il n'y pas eu de séduction, c'était un viol surprise, j'étais choquée, comme pétrifiée, l'acte sexuel n'a duré que quelques minutes".

Toutes décrivent le même mode opératoire: d'abord des questions intrusives sur leur vie sexuelle, puis il pose les mains sur leur visage et tente de les embrasser: "C'est une emprise, comme une chorégraphie mille fois répétée", dit l'une d'entre elles: "Ce n'est pas de la séduction, ce n'est pas de la drague lourde, c'est une prise de pouvoir sur le corps d'une femme qu'il croit à sa disposition".

Aujourd'hui, ces sœurs d'infortune comme elles se décrivent, se disent soudées, debout n'ayant plus peur de leur agresseur. Mardi, l'ancien PDG de TF1 Nonce Paolini, les a soutenues en espérant pour elles que la justice revoit leur affaire. De son côté, Patrick Poivre d'Arvor, conteste toujours toute violence sexuelle à l'égard de ces femmes.

Romain Poisot (avec G.D.)