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"Ce qui était impressionnant c'était le silence": le récit d'un témoin de l'attentat de Nice

Ce dimanche, dans la Matinale Week-End, Daniel, auditeur de RMC, a raconté son 14 Juillet 2016 à lui. À Nice, sur la Promenade des Anglais, il a été témoin de l'attentat de Nice. Il raconte son traumatisme et ses souvenirs de cette soirée d'horreur.

Le 14-Juillet 2016 à Nice

"C'est un événement qui m'a énormément marqué. Je n'étais pas très loin de la Promenade des Anglais. Elle est jonchée de plein de rues perpendiculaires où il y avait des tas d'événements comme partout en France, le 14 juillet. J'étais sur une petite place, où il y avait une fête (de quartier). Je m'étais garé pas très loin car je sais qu'il y a énormément de monde donc j'ai fait en sorte de me garer tôt pour partir tôt. La Ville de Nice avait organisé une "Promenade du 14-Juillet": la rue était fermée avec des bals populaires dans la rue, des orchestres. Avec beaucoup de succès."

Le traumatisme de l'attentat

"Je n'ai pas été touché de près par la perte de quelqu'un. Ce qui m'a traumatisé c'est l'attentat en lui-même:"

"Dans ma tête, un attentat rime avec bruit, explosions. Ce n'est pas ce qui s'est passé. Ce qui m'a interpellé, c'était les cris des gens et ça courait de partout. J'ai d'abord cru à une bagarre générale qui part en panique."

"Puis en m'avançant, j'ai entendu dans des talkies-walkies de la sécurité le mot "camion"... je ne comprenais pas trop. Et c'est les gens qui hurlaient "attentat, attentat". Là j'ai compis qu'il s'était passé quelque chose de grave."

"Là, j'ai aperçu un corps"

"Quand je me suis dirigé vers la Promenade pour récupérer ma voiture, j'ai aperçu un corps et que les gens autour couraient de partout et étaient complètement hagards."

"C'était comme un moment de folie, inexplicable: des femmes, des enfants, des cris, des gens et votre cerveau commence à réaliser ce qui s'est passé. Vous êtes pris dans un espèce de tourbillon. Dès que j'ai vu, que j'ai compris que j'avais vu un corps, je suis parti. À ce moment-là, la police nous as enfermé dans les bars à proximité."

"Mêmes les oiseaux ne chantaient plus"

"S'il y a une chose qui m'a marqué, c'est le silence. Nous sommes restés enfermés jusqu'à trois heures du matin. On avait ordre de ne pas sortir."

"Ce qui était impressionnant en sortant, c'est le silence: nous étions des milliers de personnes à rentrer chez nous dans un silence incroyable avec des gyrophares bleus qui s'étaient à l'infini, c'était quelque chose de spectaculaire. Plus un mot. Même les oiseaux ne chantaient pas."
https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC