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Six ans après l'attentat de Nice, les Niçois encore très marqués

Un nouveau procès hors norme s’ouvre après celui des attentats du 13 novembre. Le procès de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice s’ouvre ce lundI. Six ans plus tard les Niçois sont encore très marqués par cette soirée de l’horreur.

Lilia, a 30 ans. Le 14 juillet 2016, elle en avait 24. Ce jour-là, elle se rend sur la Promenade des Anglais, en bord de mer, pour assister au feu d’artifice avec pas moins de 30.000 autres personnes. L’air est doux. Il fait beau. L’ambiance est festive. Un 14 juillet comme les autres. Le feu d’artifice se termine. Mais quelques minutes plus tard, dans la foule, quelque chose cloche: "Il y a eu une foule immense qui a commencé à courir partout. C'était la panique ! On ne comprenais pas ce qui se passait."

"On a tous couru, dans tous les sens"

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel s’est élancé sur la promenade des Anglais, à pleine vitesse , avec le camion frigorifique blanc de 19 tonnes qu’il a loué, feux éteints: "On a tous couru, dans tous les sens. Des gens allaient vers les bâtiments, sonnaient et les gens n'ouvraient pas les portes." Le terroriste est abattu par des policiers après avoir avancé sur deux kilomètres. La course du camion a duré moins de trois minutes. 

"C'est traumatisant. On en garde des séquelles. On pense toujours aux victimes."

Au total l’attentat a fait 458 blessés et 86 personnes ont perdu la vie, dont 15 enfants. Les Niçois sont profondément marqués encore par cet attentat. Des centaines d’habitants viennent se recueillir chaque année sur la promenade. Viviane, une commerçante m’expliquait que le 14 juillet, l’ambiance ici était mortifère. Depuis six ans, la fête, la musique et le feu d’artifice semblent n'enchanter que les touristes. Pour les Niçois, ils ont laissé leur place à l’anniversaire de ce deuil pour la ville. Chaque année, des centaines d'habitants viennnent se recueillir sur la Promenade des Anglais.

865 parties civiles

Profondéments marqués par l’attentat, les Niçois comptent - pour la plupart - suivre le déroulement du procès, auquel ils se sentent rattachés. Viviane avoue s’identifier aux victimes, qui auraient pu être ses voisins, sa famille. Elle est heureuse qu’il ait enfin lieu.

"Ça ne va pas faire oublier leur peine, leur traumatisme, mais les familles pourront entamer vraiment leur deuil avec ce procès."

Le principal responsable étant décédé, les magistrats vont examiner les responsabilités de huit autres personnes. Au moins 865 personnes sont parties civiles dans ce procès.

Un procès diffusé à Nice

Ce procès aura bien lieu à Paris, au même endroit que celui des attentats du 13 novembre, sur l’Ile de la Cité à Paris. Mais il sera aussi retransmis à Nice, au palais des exposition, le palais Acropolis. Deux espaces sont prévus: celui réservé aux parties civiles avec 500 places et une autre salle de 200 places pour la presse et le public. La plupart des parties civiles habitant la Côte-d’Azur ont prévu d’assister au procès depuis Nice.

"Je vais monter pour l'ouverture, les trois premiers jours, puis après je serai à Acropolis et en web-radio", explique Célia, co-présidente de l’association Promenade des Anges.

Il n'est pas évident, notamment pour des raisons financières, d’assister en personne au procès, car si les frais de transports, d’hébergement sont remboursés, il faut avancer les frais. Célia l'assure, "c'est très compliqué de s'organiser pour monter. Jusqu'en décembre, ce n'est pas possible de s'arrêter de vivre." À Nice, un dispositif d’aide psychologique sera également mis en place, tenu par élèves-avocats qui serviront d’interface entre les avocats, à Paris, et les parties civiles, à Nice.

Siam Spencer (avec MM)