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Ces affaires non-élucidées sont un clou dans le cœur des victimes: comment la justice veut résoudre les cold-cases

Un rapport vient d'être remis au ministère de la Justice pour tenter de mieux résoudre les fameux "cold-cases" alors que le pays serait à la traîne dans ce domaine.

Affaire du petit Grégory, celle de Xavier Dupont de Ligonnès ou encore Nordahl Lelandais... Comment mieux traiter les "cold cases", ces affaires criminelles non élucidées? Un rapport d’une cinquantaine de pages sur la question a été remis la semaine dernière au ministère de la Justice.

Dedans, les conclusions de plus de deux ans de réflexion d’une commission composée de magistrats, avocats, médecins psychiatre, policiers et gendarmes, et 26 recommandations pour améliorer le traitement de ces affaires non-élucidées en France.

Recenser ces affaires, créer des juges spécialisés, interdire de détruire les scellés, ou encore sensibiliser le public grâce à une base de données en libre accès sur Internet... Selon certains acteurs du monde judiciaire, la “culture du cold case” manque cruellement pour l’instant à la justice française.

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Pas d’enquêteur ou de juge spécialisé en la matière

"On est très très en retard en la matière", constate l’avocat Didier Seban, qui a travaillé notamment sur l’affaire Fourniret. Pour lui plusieurs problèmes existent. Par exemple les "cold cases" ne sont pas recensées en France, il n’y a pas de compte ou d’identification et on “ne peut pas lutter contre ce qu’on ne connaît pas” tranche l’avocat. Ensuite, il n'existe pas d’enquêteur ou de juge spécialisé en la matière alors que par définition ces affaires sont parmi les plus complexes. Enfin les juges travaillent chacun sur leur territoire, parfois sans se parler alors que les tueurs en série eux ne connaissent pas de frontières.

C’est à tous ces problèmes que prétend répondre les conclusions du groupe de travail. Il a l’ambition de "créer une véritable culture du cold case au sein de l'institution judiciaire". 

"Il y a toujours quelque part, quelqu’un qui sait"

Sur RMC, Caty Richard, avocate au barreau de Pontoise, confie avoir "évité à de nombreuses reprises que le dossier se referme. Ces affaires non-élucidées sont presque un abandon, un clou dans le cœur, que les victimes n’oublient pas. Tant qu’une affaire n’est pas élucidée, elle n’est pas élucidée" estimait-elle ce lundi matin face à Apolline de Malherbe.

"La prescription n’est plus du tout adaptée à notre époque où tout se conserve mieux. Les autres pays ne comprennent pas nos histoires de prescription. (...) Un dossier ouvert doit [contenir] des actes. Jamais un dossier ne reste ouvert pendant 20 ans sans qu’il ne se passe rien. Il y a toujours quelque part, quelqu’un qui sait. Qui sait tout ou au moins des éléments..." conclu-t-elle.

Maxime Brandstaetter (avec J.A.)