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Colère des policiers: "Nous n'avons pas eu de réponses sur les sujets essentiels"

Les syndicats policiers ont été reçus par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, puis par le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, ce mercredi. Malgré la "concertation" promise par le ministre de l'Intérieur, les policiers ont manifesté à nouveau cette nuit.

Plus d'une heure face à Bernard Cazeneuve, plus de deux heures dans le bureau de Jean Jacques Urvoas. Les syndicats de police relayaient mercredi soir la colère de la base, face au ministre de l'Intérieur et au Garde des Sceaux.

Frédéric Lagache, secrétaire général du syndicat Alliance, n'a pas été convaincu par cette rencontre avec les deux ministres: "Nous sommes relativement déçus car nous n'avons pas eu de réponses sur les sujets essentiels qui préoccupent nos collègues à savoir le principe de légitime défense. Il faut revoir les textes, revoir les peines plancher. On s'aperçoit que certains magistrats n'appliquent pas les peines prévues par le Code pénal donc à partir de là, il faut imposer à certains magistrats que ceux qui agressent les forces de l'ordre et les pompiers aient des peines de prison ferme. Donc nous allons aller voir le président de la République pour revoir l'ensemble de ces textes".

Dans un premier temps place Beauvau, Bernard Cazeneuve a annoncé le lancement de concertations dès lundi dans tous les départements sur les revendications des policiers. Il a notamment abordé la question des taches indues, ces taches souvent de surveillance, qui ne permettent pas aux policiers d'être sur le terrain.

"Garder des caméras, garder des portes, transférer des détenus, ce n'est pas un travail de policiers et aujourd'hui c'est de moins en moins acceptable parce qu'il n'y a plus suffisamment d'effectifs pour assurer la sécurité de nos concitoyens", constate Patrice Ribeiro, du syndicat Synergie Officier.

Des dotations supplémentaires

Bernard Cazeneuve a promis également, dès 2017, des dotations supplémentaires en matériel, et l'amélioration des conditions de travail, notamment avec des travaux immobiliers.

Chez le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, les syndicats étaient là pour demander plus de fermeté face à ceux qui s'en prennent aux policiers voir aux pompiers. Peu d'éléments concrets à la sortie. Résultat plusieurs syndicats réclament à présent d'être reçu par François Hollande.

Le syndicat Unité-Police SGO-FO a de son côté appelé à une manifestation silencieuse, "une marche de la colère policière et citoyenne", le mercredi 26 octobre. Cette nuit, des centaines de policiers se sont encore rassemblés dans plusieurs villes de France.

P.B. avec T.C