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Consommation de cocaïne: "On reçoit de plus en plus de demandes d'aide"

Les autorités françaises n'ont jamais intercepté autant de cocaïne qu'en 2017. Cette drogue dure se banalise alors que l'offre augmente, son prix diminue et sa pureté augmente, nous explique une addictologue.

La France de plus en plus accro à la cocaïne. Les services de sécurité - douanes, police et gendarmerie - ont saisi plus de 17 tonnes de cocaïne en 2017 contre 8,5 tonnes en 2016, selon les chiffres de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS). Un niveau historique et un cap, jamais atteint jusque-là. Sur 10 ans, les saisies de cocaïne ont été multipliées par 10 dans le pays.

Muriel Grégoire, psychiatre, addictologue et responsable d’un centre d’addictologie à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) confirme que cette tendance est visible sur le terrain.

"Cela fait plusieurs années que ça augmente, mais ces derniers mois on a vraiment reçu plus de demandes d’aide par rapport à la cocaïne. Ca peut peut toucher tout le monde. L’offre est démultipliée, moins chère, et le produit est de meilleure qualité, elle est plus pure".

"On savait que ça allait finir par arriver sur l’Europe"

Alors que l’Amérique-du-Sud est le principal producteur de la poudre blanche, une autre explication à l’augmentation de la consommation pourrait être la saturation du marché américain.

“On savait que ça allait finir par arriver sur l’Europe. Ils passent aussi par l’Afrique avant de remonter en Europe. Même en Afrique noire et au Maghreb il y a des problèmes de cocaïne et de crack. Ce qui paraît un peu incroyable dans des pays où on a parfois du mal à avoir de quoi à manger”.

Une étude a montré que 1,5% de jeunes de 17 ans avaient déjà testé au moins une fois la cocaïne, et de nouveaux chiffres vont être publiés la semaine prochaine. Muriel Grégoire confirme que cette drogue s’est vraiment démocratisée malgré les risques.

"Il y a le risque addictif, d’y revenir. Sur la santé il y a des risques cardio-vasculaires car c’est vaso-constricteur. Les vaisseaux sanguins se contractent. Il y aussi des risques au niveau psychique, donc si on consomme régulièrement il y a des risques de dépression. Il y a aussi le mélange alcool et cocaïne qui peut être détonnant au niveau physiologique. Les effets sont augmentés."
J.A. avec Bourdin direct