RMC

De nouvelles caméras-piétons déployées chez les gendarmes et les policiers: comment fonctionnent-elles?

Un dispositif très attendu par les forces de l’ordre pour servir de preuves en cas de litiges et surtout tenter d’apaiser certaines tensions avec la population notamment en cas de contrôles ou d’outrages.

Vers une généralisation des caméras-piétons pour les policiers. Une nouvelle génération de ces petites caméras qui permettent de filmer les interventions des forces de l'ordre est mise en service à partir de ce jeudi.

Une première fournée de 2000 caméras plus robustes, plus mobiles et dotées d’une meilleure autonomie, va donc équiper les policiers de terrain. Plusieurs livraisons sont prévues durant l’été. 

Au total, ce sont 30.000 caméras-piétons qui seront déployées sur la voie publique d’ici septembre entre la police et la gendarmerie nationale.

>> A LIRE AUSSI - Les policiers utilisant des LBD obligés de porter des caméras-piétons

"Une simple pression"

Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a précisé que cette caméra sera "accrochée à l'uniforme" du policier ou du gendarme, et "utilisée en intervention afin d'apaiser des situations conflictuelles et limiter les débordements éventuels". Selon le ministère, elles permettront "également d'objectiver des infractions et d'apporter les éléments nécessaires à la poursuite de leurs auteurs par la collecte de preuves".

Ces caméras seront dotées "de dispositifs techniques permettant de garantir l'intégrité des enregistrements et la traçabilité des consultations".

Le boîtier noir de 130 grammes muni d’un petit objectif sera accroché bien en évidence sur l’uniforme du policier. “Une simple pression sur ce bouton-là, un petit son et ça veut dire que la caméra est en route et que vous êtes filmé”, indique ce policier.

Vidéo et son sont capturés en haute définition, 12 heures d’autonomie. L’objectif, servir de preuve en cas de poursuites, confirmer un procès-verbal et surtout désamorcer certaines situations tendues. Clément, policier de terrain à Évry-Courcouronnes, dans l'Essonne, en est convaincu.

“Un individu nous refuse le contrôle, essaye de partir et nous outrages. Si j’avais signalé la présence d’une caméra, sachant qu’il y aurait des preuves confirmant l’outrage, ça aurait pu faire redescendre la tension”, détaille-t-il.

A noter d'ailleurs que le dispositif prévoit une sécurité: l'utilisateur ne peut pas extraire les images, ce qui est de la responsabilité de l'autorité hiérarchique, mais seulement "les consulter".

Insuffisant?

30.000 caméras piétons seront livrées aux policiers et aux gendarmes d’ici fin septembre. C’est insuffisant regrette Stanislas Gaudon du syndicat de police Alliance.

“On est quand même loin du compte. Je rappelle qu’on est quand même plus de 100.000. J’espère qu’on ne va pas s’arrêter au milieu du chemin et que notamment les budgets qui vont être votés très très prochainement pour l’année 2022 vont permettre de doter tous les policiers de caméras mobiles alors qu’ils en ont réellement besoin”, assure-t-il.

Le syndicaliste espère qu’avant 2023, tous les policiers de terrain en seront équipés.

Jean-Baptiste Bourgeon avec Guillaume Descours