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Les policiers utilisant des LBD obligés de porter des caméras-piétons

Christophe Castaner a annoncé mardi que cela permettrait en cas de contentieux de produire des images. Une manière de prouver que le gouvernement et les forces de l'ordre n'ont rien à cacher.

Depuis le début de la mobilisation des gilets jaunes plusieurs manifestants ont été blessés aux yeux par des tirs de flash-ball. Selon le collectif "Désarmons les", il y en a eu 17 quand le ministère de l'Intérieur oppose le chiffre de quatre. 

Face à la polémique liée au lanceurs de balles de défense, le ministre, Christophe Castaner a indiqué mardi devant la commission des lois de l’Assemblée nationale qu’il a demandé que les forces qui utilisent ces LBD soient équipés de caméras-piétons.

"J’ai demandé que, dans la mesure du possible, au moment de l’usage des LBD, ils puissent activer les caméras-piétons pour que s’il y a un débat, une contestation, un contentieux, on puisse produire des images, y compris dans le cadre judiciaire", a affirmé le ministre. 

Une caméra pour chaque policier ? 

La question est donc désormais, est-ce que tous les policiers et gendarmes qui utilisent les LBD vont être désormais équipés de ces caméras ? Du point de vue technique, c’est possible. En effet, il existe plus de 10.000 caméras-piétons en service, soit deux fois plus que le nombre de LBD. Cependant, dans les faits, il est peu probable que chaque membre des forces de l’ordre utilisant un LBD en porte une. 

Un responsable des forces de l'ordre préfère parler d'une "utilisation collective" par unité, en fonction des besoins. Il va donc falloir s'adapter dans chaque service en trois jours seulement pour être prêt dès ce samedi. 

D'autant que la caméra-piéton n'est pas vraiment destinée au maintien de l'ordre. Elle était jusqu'à aujourd'hui essentiellement expérimentée pour les contrôles d'identité. 

Certains gilets-jaunes peu convaincus

D'autant que la caméra-piéton n'est pas vraiment destinée au maintien de l'ordre. Elle était jusqu'à aujourd'hui essentiellement expérimentée pour les contrôles d'identité. 

"C’est une bonne mesure. Ca va permettre effectivement de contrôler et de vérifier et d’avoir les preuves pour savoir si les policiers ont agi dans le cadre de la loi ou hors du cadre de la loi parce qu’en l’état on peut quand même se poser des questions quand vous avez des manifestants qui sont éborgnés alors que les policiers n’ont pas le droit de tirer dans la tête", affirme François Bulo, avocat et porte-parole des gilets jaunes de Rouen. 

L'objectif de l'Intérieur, c'est de montrer que policiers et gendarmes n'ont rien à cacher. Un argument qui ne convainc pas franchement tous les gilets jaunes comme Constant. Blessé par un tir de LBD en décembre, il a déposé plainte. Depuis, il porte en permanence une caméra GO Pro en manifestation.

Marion Dubreuil avec Guillaume Descours